De retour sur la route Teheran-Shiraz

Publié le par Tanchovic

DSC02922.JPGAprès deux semaines d'arrêt à Teheran, nos visas de transit pakistanais en poche, nous reprenons la route, cette fois-ci juste tous les deux.
Après un arrêt à Kashan où nous rencontrons un très sympathique couple de cyclistes venus du pays basque (www.viajenbici.blogspot.com,à gauche Aurora et Ruben s'occupent des bagages) et que nous retrouverons un peu plus tard pour pédaler quelques jours ensemble, nous nous dirigeons vers Abyaneh par une petite route tranquille afin d'éviter encore une fois les grands axes pollués car nous ne pouvons plus supporter le traffic et les fous furieux au volant. L'itinéraire choisi est à nouveau plus rude pour nos cuisses, mais ça en vaut largement le détour autant pour les paysages et la tranquillité que pour les rencontres. En fin de journée nous nous retrouvons près d'un petit village DSC02315.JPGet pour nous empêcher de planter notre tente dehors, on nous invente loups, lions, léopards, et même "alligators affamés" et on finit par accepter l'hospitalité de Fahrid et sa famille. On partage le dîner dans une modeste petite maison : une petite cuisine, pas de meubles, un tapis et quelques couvertures mais une tonne (oui vraiment une tonne, ce n'est pas un effet de style...) de grenades dans la cave...on s'en est délecté de trois ou quatre kilos en deux jours.  Cette fois on ne fait pas tomber le foulard, cette famille a l'air très religieuse et respectueuse des principes islamiques. La grand-mère centenaire me caresse la joue en me répétant comme elle est heureuse de nous accueillir; ses yeux brillants et chacune de ses rides me sourient. Nous emporterons le souvenir de leurs beaux et DSC02373.JPGchaleureux visages, après avoir décliné leur invitation de rester un jour, une semaine, voire un an de plus... 
Nous grimpons vers Abyaneh sur une petite route très peu fréquentée au milieu d'un décor étonnamment vert pour une région si sèche. Il fait encore très chaud la journée mais les arbres ont déjà les couleurs de l'automne et l'odeur de nos forêts que je respire profondément, et je me retrouve chez nous l'espace d'un instant... Nous visitons Abyaneh, charmant petit village aux maisons en briques et terre rouges. Puis, malgré les conseils des locaux qui nous incitent à faire demi-tour pour prendre l'autoroute, nous empruntons un sentier qui doit nous mener vers Esfahan. Ce sera l'occassion de poser le camp en pleine nature, près d'un petitt ruisseau où nous trouvons un peuDSC02468-copie-1.JPG d'herbe pour mettre la tente. La nuit est très fraîche et j'ai du mal à dormir (les nuits suivantes je m'habillerai mieux mais il fera de plus en plus froid jusqu'à Persépolis et Shiraz où nous regagnerons quelques degrés). Le lendemain sera l'une de nos plus belles journées de vélo:  50km de piste, un col à 2800 mètres, seuls avec les montagnes sous un ciel magnifique... la montée était très dure mais quel plaisir arrivés en haut et la descente un vrai délice (chaotique mais pas un rayon de cassé!!!)... Nous passerons deux semaines encore à apprécier l'hospitalité sans fin des Iraniens, à camper quand nous le pourrons et à pédaler sur de superbes routes de montagnes. Et nous en profiterons aussi pour visiter Esfahan, Yazd, Persépolis et Shiraz dont on nous a tant parlé.

DSC02699.JPGA Esfahan, sans rentrer dans les détails architecturaux des nombreux monuments de la ville, la visite des quelques mosquées, parcs, palais et du bazar était très agréable, mais j'ai surtout été charmée par la promenade le long du fleuve où se succèdent de très beaux ponts. Cependant, il est décevant de constater la prédominence des gros immeubles, du traffic, du bruit et de la pollution (moins qu'à Teheran certes, mais quand même...), ce qui rend difficide de s'imaginer qu'Esfahan fut cette superbe ville tant vantée par les voyageurs depuis des siècles pour ses roses, ses jardins et sa tranquillité.
Non, Esfahan a elle aussi été envahie par les voitures et surtout par les motards qui n'hésitent pas non plus  -autre exemple à Yazd- à faire des Tours du silence, lieu de culte zoroastrien, un terrain de cross enfumé et poussiéreux. Eh oui, l'essence n'est pas chère ici...
Néanmoins, après quatre jours de traversée des montagnes du Zagros, (cette fois-ci, pour ne pas nous laisser dormir dehors, on a eu droit aux "serpents et ours sanguinaires" mais on a quand même réussi à passer deux nuits sous la tente à Pasargard et Persépolis, les deux anciennes capitales de la Perse antique, quel privilège...) nous arrivons à Shiraz, ville bien plus agréable et paisible que celles que nous avions visitées précédemment : moins de traffic, plus de verdure, de jolis parcs très agréables. 
Dans deux jours nous partons pour Bander-e-Busher puis Bander-e-Abbas. Il nous reste treize jours avant l'expiration de nos visas iraniens et nous ne savons pas  encore comment nous alllons nous rendre en Inde. Nous avons eu beaucoup de difficultés à obtenir les visas pour le Pakistan mais depuis que Musharraf  a déclaré l'état d'urgence, nous ne sommes plus sûrs de nous, que faire? : Traverser quand même? Prendre le bateau pour Dubai? Nous déciderons dans dix jours suivant la façon dont la situation aura évoluée...

Estelle

DSC02969.JPG DSC03025.JPG

Publié dans Iran

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
mais dites moi les amis, à en juger l'état des routes, c'est une surement une bénédiction d'avoir casser votre tandem...
Répondre