Des montagnes d'espoir

Publié le par Tanchovic

Certains  qualifient le treck des Annapurna de plus beau trek du monde, d`autres de circuit le plus touristique du monde; en effet, cinquante mille promeneurs, alpinistes, touristes, marcheurs s'y rendent chaque année pour une journée ou plusieurs semaines.
Alors on hésitait un peu au début, effrayés de se retrouver perdus dans la foule plutôt que dans la nature.
Et puis nous avons marché finalement plus de trois semaines dans ce parc tellement tout était magnifique.



Le treck commence à Besisahar à 820m, on est loin des sommets et il nous faudra grimper à travers ces rideaux successifs de montagnes jusqu'au col du Thorung Pass.
Après quelques jours de marches, on se retrouve vite en altitude. Les premières difficultés physiques apparaissent au dessus de 3600m, on sent que la respiration devient plus difficile.



Chaque soir, on s'arrête dans un village pour passer la nuit chez l'habitant, des chambres sont disponibles partout, alors on a préféré choisir cette option et voyager lègers: sans tente, matelas, cantine, guide, porteur.
Et partout les enfants jouent, crient, sourient, ils sont vraiment craquants.

Chaque soir, on commande un Dhal Bat, le repas traditionnel népalais: une montagne de riz, des légumes frais du jardin (pommes de terres, épinards, choux), une soupe de lentilles, et c'est servi à volonté...youhou














Le solar-coocker pour limiter la déforestation, avec cette antenne parabolique, pas besoin de bois pour chauffer l'eau.
















Nous sommes ensuite sortis du sentier principal pour faire un crochet au lac Tilicho, le lac le plus haut du monde, à 4922m (le Titicaca est à  3820m mais beaucoup plus grand).
Sur la photo du dessus, on voit les "landslides...


  Les landslides sont des sentiers pas plus larges qu'un pied, le flanc de la montagne frôle la verticale et il faut éviter les quelques éboulis venant du haut.

Mais pas de problème pour Estelle qui traverse d'un pas sûr ces difficultés.

Moi, j'utilise une technique  que m'a apprise mon oncle alpiniste, celle dite du "penché de bâton".

Nous sommes maintenant à plus de 4000m et y resterons pendant au moins une semaine.
Il fait très froid, les refuges sont mal isolés, y a des trous partout dans les murs que les locaux ont recouvert avec du scotch et du papier journal, les fenêtres sont des bâches en plastique transparent, alors le vent souffle dans les chambres et l'eau gèle dans les gourdes.
Il n'y a ni bois, ni bouse de yaks pour se réchauffer autour d'un petit feu.
Résultat dès le coucher du soleil vers 18h, on rentre tout habillés dans nos sacs de couchage jumelés et attendons avec impatience le lever de soleil vers 5h30.
Pendant ces journées de froid, Estelle a muté: ses gènes mauritiens se sont mis en veille et ceux monténégrins se sont activés, c'est assez impressionnant à observer quand on sait à quel point elle est habituellement frileuse.
Il neige tous les après-midi depuis plusieurs jours et le sentier n'est pas toujours très visible, heureusement le jour de l'ascencion au lac, nous croisons une expédition qui en descend et qui fait la trace pour la journée.


Aprés un dernier col et une heure de marche pénible dans soixante centimètres de neige, le lac apparait.
Nous sommes seuls avec notre joie dans cette blanche immensité, les glaciers craquent dans un bruit sourd, le vent souffle, c'est magnifique...

Puis on redescend vers le village de Tho Karla à 4070m.
.

Partout autour de nous des sommets à plus de 6000m, ici ce doit être le Chulu à 6558m.

Et les Yaks paisent tranquillement.

Après onze journées de marche, nous ne sommes plus qu'à une matinée du Thorung Pass à 5416m..
Nous passons une nuit à 4500m à Thorang Phedi, durant laquelle nous nous réveillons plusieurs fois pour retrouver notre souffle.
Nous démarrons notre marche de bonne heure à la lampe frontale.
 Dix heures de marches sont prévues pour cette journée. 
Durant la montée, les pas sont lents, on se concentre sur notre souffle.
D'autres groupes de trekkeurs impriment le même rythme de lenteur en suivant leur guide népalais, les porteurs sont aussi de la partie, mais eux sont tout sourire, certains fument même quelques clopes en regardant tous ces blancs essouflés.

(Ces deux photos sont un peu sombres mais internet c'est une telle galère ici que je n'ai pas le courage de les retélécharger depuis l'appareil photo pour les retoucher...).
Nous aurons besoin de cinq heures pour effectuer les derniers six kilomètres qui nous séparent du col et passer de 4450m à 5416m.
Sur la photo du dessus, nous sommes en haut du col avec Sven et Judith, un couple de cyclistes allemands qui effectue un Allemagne-Pékin.
Après une petite pause sur cette gouttière du toit du monde, on repart pour 1800 mètres de descente.

Petit-déjeuner avec lever de soleil sur le Nilgiri 6839m.

Le temple boudhiste de Moukthina 3800m.


On retrouve ensuite les forêts et la végétation.


Toutes sortes de végétation...mais qu'est ce que c'est cette plante? Hum, quel délicieux parfum.

D'ailleurs, chercher l'intrus dans ce stand de bijoux du village de Pissang...

Coucher de soleil sur ce qui doit être le Baraha Shikhar 7647m.

Bonjour Monsieur le saddhu!
Il rentre chez lui
en Inde à Manali, à 600km au nord de Dehli, après s'être rendu à la ville sainte de Mouktinath.
Namastéééééééééééé, il faut bien insiter sur la fin du namasté (bonjour en népalais).

Je crois que c'est encore le Nilgiri au fond et ses 6839m.
Autour de Gorepani (2870m), les forêts sont rouges de rhododendrons, c'est d'ailleurs la fleur emblême du Népal, c'est absolument grandiose.



Là, je crois que cette photo demande quelques explications, ce qui me permettra aussi de répondre à la question d'Alain concernant les alcools locaux.
Car Jiwan Lama, porteur de profession et baraqué comme un boxeur Thai, est pas mal sous alcool sur cette photo.
Il me manifeste donc tout naturellement, et avec enthousiasme, son amitié, comme le font spontanément tous les hommes Népalais entre eux.
Toutes les cinq minutes, ils me glissent aussi dans la bouche  quelques morceaux de gèsiers de poulets.
Scène surréaliste mais tellement banale ici.

Concernant les alcools locaux, la boisson nationale est le roxy, c'est un alcool de riz qui fait une vingtaine de degrès, c'est assez bon mais ça donne un mal de crâne terrible aprés seulement  deux ou trois verres.
Ils appellent cette boisson le "local wine".
Personnellement, je préfère le tchaeng.
Le tchaeng est soit à base de blé (trop laiteux et amer à mon goût) soit à base de millet.
Le tchaeng de millet est délicieux, légèrement pétillant, de couleur vert-jaune, avec des champignons blancs qui flottent au milieu, c'est un peu acide et faiblement alcoolisé, environ trois à cinq degrés,  ils appellent ça la "local beer". J'adore.
Sur la photo, Jiwan en est à son troisième demi de roxy, alors que j'entame mon troisième demi de tchaeng de millet.
Le treck se termine bientôt et on se détend autour d'un verre en retrouvant la vie animée des villages.
Petit détail à noter, au fond, au dessus des bouteilles de Coca, sèchent quelques gosiers de volailles.



Aprés trois semaines de marches inoubliables, nous sommes de retour à Pokkara depuis deux jours, dans la rue les maoistes défilent en klaxonnant.
Ils ont gagné trois circonscriptions sur quatre ici.
A la surprise générale, ils semblent proches de gagner les élections au niveau national.
Les résultats définitifs tomberont d'ici quelques jours, le temps que l'hélicoptère des Nations Unies, qui supervisent les élections, ait le temps de ramasser toutes les urnes du pays.
Dans les villages de montagnes, les Népalais votent pour les Maoistes.
Ces derniers jours, leur ferveur et leur exitation pour ces élections historiques étaient palpables et émouvantes, ils étaient tous ensemble autour de la radio à écouter et à commenter les informations, tout en buvant du roxy bien sûr.
Ils attendent de grands changements pour leur pays, une nouvelle constitution et la fin de la monarchie mais aussi une amélioration concrète de leur quotidien, par exemple de l'électricité pour tout le monde et tout le temps.
Espérons que les nouveaux hommes politiques du Népal n'oublieront pas toutes leurs promesses.

Christophe et Estelle.


















Publié dans Népal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
yo,<br /> je suis au népal pour un trek en novembre merci de me donner des infos, sinon felicitation pour votre blog je viens de passer une journée au taf à le consulter......<br /> GROS BISOUS <br /> TOM (la grive) à bientot
Répondre
S
et bin mes salauds... おめでとう... chapeau bas
Répondre
A
Comme je vous aime bien — et par-là même vos photographies itou — je me permets de vous conseiller une participation au concours France Inter :<br /> <br /> http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/etpourtantelletourne/jeu.php?mode=a<br /> <br /> J'en ai fait de même pour ce cher Arno-Steak-Là-bas, qui est décidément très doué. <br /> <br /> Attention ! Une photo par participant(e) ! selon les critères strictes du concours ! Pas facile de choisir isn'it ! Titillé bien sûr. <br /> Bon vent mes p'tits bouviers, caresses & bises à'lœil, ciao.
Répondre
J
coucou! j'aurais bien aimé être avec vous pour faire ce trek! je vois que vous tenez le coup, <br /> bon courage et profitez encore de tous ces merveilleux paysages et de cette humanité...
Répondre
T
Bravo mes ptits margouillats!!!!
Répondre