Catastrophe ?, écrit à Alexandroupolis, GRECE, 28 août 2007- 3424 kms.
C’était un matin comme les autres. On se réveille, on remballe la tente, on prépare le vélo. On part vers la ville, deux-trois attaques de chiens habituelles (les chiens grecs sont particulièrement nerveux), quelques cailloux jetés devant les pattes, c’est réglé, on continue notre route. On s’engage dans une descente, on freine à la vue d’une plaque d’égout qui s’étend que toute la largeur de la rue, on passe dessus et là, en un dixième de seconde, on se retrouve à l’arrêt, l’avant du vélo à terre. On a alors du mal à réaliser que le cadre est littéralement brisé. La roue gauche est en fait restée coincée dans une des fentes de la plaque, le reste du vélo était dans l’élan pour continuer à avancer, le tube qui reliait la roue à la barre principale a rompu à la jointure.
- « Ça, c’est grave », dit Christophe.
- « En effet…. »
On tire le vélo sur le trottoir.
- « Bon… »
- « Hmm… »
Un silence. Une mouette qui passe. On réfléchit. Un motard s’arrête, constate la casse. Il ne parle pas anglais mais invite Christophe à monter sur sa machine. Ils reviennent deux minutes plus tard. Il y a un soudeur russe à 300m de là. L’affaire est réglée en moins d’une heure mais le cadre est tordu, la roue en a pris un coup, le frein gauche ne marche plus très bien.
Notre bonhomme nous dit qu’il ne peut pas faire mieux. On décide de continuer notre route et de trouver un autre réparateur à Istanbul. Christophe répare le frein, on passe la frontière turque et on inaugure notre première autoroute à vélo (il n’y avait pas d’autres possibilités), deux journées de vélo se passent mais des douleurs aux genoux commencent à apparaître à cause de la déformation du cadre.
On s’arrête à Uzunköprü, à 250 kms d’Istanbul, espérant pouvoir mettre le vélo dans le train mais impossible, il n’y a que des wagons passagers et les portes sont trop étroites. De retour au centre-ville, on tombera encore une fois sur une personne en or qui passera la journée avec nous, nous aidant à trouver quelqu’un pour redresser le cadre. Nous pouvons alors reprendre la route.
E.