10000 étoiles dans la tête, Kathmandou.

Publié le par Tanchovic

Il nous a fallu trois jours -deux cent kilomètres, un  col bien encombré, une (première) chute (pour moi) dans un embouteillage de camions et un genou magnifiquement réparé par Christophe- pour arriver enfin à Kathmandou. Nous étions tellement heureux et euphoriques de rejoindre cette ville mythique à vélo, guidon contre guidon, cheveux au vent et avec un compteur indiquant plus de 10000 kilomètres pédalés !!!!


Quelques photos de la route Pokkhara-Kathmandu :


Des rizières partout, la production est essentiellement consommée dans le village même.


Une ferme parmi tant d'autres.


8h du matin, les enfants vont aider leurs parents dans les champs et les rizières.

 

Un morceau de pneu, un marteau, un tas de gros cailloux, et c'est parti pour une journée à casser des pierres. L'objectif : transformer le tas de gros cailloux en un tas de petits cailloux pour pouvoir les utiliser dans la construction de la route.
Le salaire : entre 0.5 et 1.5 Euros la journée.
On ne publiera pas la photo du jeune garçon de 7-8 ans au visage déformé
(par des éclats de pierres?)
et souriant  qui léve ce lourd marteau avec son petit poignet.

Assise au bord de la route, mamie fume sa pipe à eau entre deux grands éclats de rire.


Nous retrouvons nos amis Sven et Judith et célébrons notre arrivée comme il se doit, et finissons dans un club où de jeunes népalais se trémoussent sur de la pop népalaise et indienne, fantastique !

Mais le lendemain matin nous voilà à nouveau confrontés à l’administration (chinoise cette fois) afin d’obtenir ce petit bout de papier à coller sur nos passeports (le visa), pour traverser les frontières.

Si vous avez suivi l’histoire, pour rejoindre Bangkok, nos possibilities étaient déjà restreintes: les frontières nord de la Birmanie étant fermées, nous devions nous replier sur le Tibet (puis traverser la Chine et le Laos).

Mais cette solution était coûteuse et incertaine:  les voyages individuels depuis le Népal vers le Tibet étant interdits, nous devions réserver un « tour » dans une agence pour pouvoir faire la route Kathmandou-Lhassa en jeep, vélos sur le toit, moyennant 775 dollars par personne. Une fois à Lhassa, pour pédaler 4000 kilomètres jusqu’au Laos, sur des routes de haute montagne avec des cols à plus de 5000 mètres d’altitude, nous n’aurions eu qu’un visa d’un mois (délivré uniquement par l’agence pour les voyageurs se rendant au Tibet). On grinçait déjà des dents.

Toujours est-il qu’avec les évênements de mars dernier, nous n’avions plus l’embarras du choix, le Tibet étant « fermé aux étrangers jusqu’à nouvel ordre ». Nous avons d’ailleurs rencontré un voyageur -parmi les nombreux cyclistes expulsés du Tibet- dont la fin de séjour s'est clôturée par une semaine de prison.

Alors nous avons regardé la carte d’Asie et regardé encore et le constat était simple : nous devions prendre un avion pour la Chine. Nous avons pris sur nous, ça nous a pris du temps mais nous nous sommes résignés à voler pour Chengdu, ville la plus proche depuis Kathmandou.

Et nous n’aurions jamais imaginé que ça poserait problème. Mais voilà, arrivés devant la porte de l’ambassade de Chine, nous apprenons que depuis trois jours elle ne délivre plus de visas aux étrangers (non-népalais), les touristes doivent faire leur demande dans leur propre pays. C'est un coup bas mais il semble y avoir une possibilité si nous avons déjà été en Chine auparavant.
Nous réessayons en montrant notre visa chinois d'un précédent voyage en  2006 à Pékin mais nous essuyons quand même un refus.
Alors nous décidons de collecter tous les documents possibles : copies de nos derniers visas chinois, lettre d’invitation en chinois d’un ami de Chengdu (avec qui nous avons pu être en contact grâce à la famille de Jean-Baptiste Talleu), lettre d’invitation d’un oncle de Guangzhou, certificats de naissance avec les prénoms et noms de famille de mes grands-parents chinois, reservation de billet d’avion pour Chengdu...

Et nous sommes de retour devant cette grande porte d’acier, armés de toute notre confiance. Ils acceptent d’examiner notre requête, téléphonent à notre ami à Chengdu pour vérifier les informations, mais ils nous demandent encore un autre document, notre ami chinois doit remplir une lettre officielle d'invitation à la "mairie" de Chengdu et nous la faxer.

Ça fait déjà dix jours que nous faisons des allers-retours à l’ambassade mais certes, nous y retournons pour la énième fois -mercredi dernier-. Et ils nous font encore attendre une, deux, trois heures, puis nous demandent de revenir l’après-midi puis une heure après, et enfin ils nous disent: “Vous savez que nous ne délivrons plus de visa pour les étrangers, et que ces derniers doivent faire leur demande dans leur propre pays. Mais parce que vous avez déjà été en Chine et que vous avez des proches en Chine, nous allons vous délivrer un visa. Seulement vous ne pourrez pas obtenir trois mois comme vous l’avez demandé. Nous pouvons vous délivrer un visa de….quinze jours”

Quinze jours, incroyable, et pourquoi pas deux jours!!! Quinze jours !?!?! Juste assez de temps pour quitter Chengdu et  faire un tiers du chemin, le route vers le Laos compte près de 2000km et traverse des cols à plus de 4500 mètres d’altitude!!! Le comble c’est que ces quinze jours de visa nous coûtent 136 dollars les deux, quelle injustice alors que nous devrons repayer pour les étendre.

Mais bon, que faire? Nous n’avons pas le choix, on se dit que c’est mieux que rien, on va pouvoir suivre notre route, on aurait été vraiment déçus de devoir prendre un avion pour l’Asie du Sud Est, surtout qu'ils passent tous d'abord par Bangkok.

Plus qu’à trouver un moyen de faire étendre les visas, mais je crois que ce ne sera pas simple, d’après certains voyageurs actuellement en Chine.

Le fait est que samedi nous serons en Chine,  certainement dépaysés d’arriver aussi vite dans un nouveau pays, mais heureux de pouvoir remonter sur nos vélos !

Au fait l'avion pour Chengdu s'arrête une heure à Lhassa, peut-être pourra t'on voir le Potala.

Quelques photos de kathmandu :
 

Le Budhanatr Stupa dans le Nord de Kathmandu.


Un vendeur de nuages à Durbar Square.

 

Vive les sorcières.


Vive les maoistes, euh vive le Népal libre, ou plutôt vive les népalaises.


Le dieu Mahankal Vairab.


"Et toi, t'u portes combien de kg aujourd'hui?".

"Environ 850 litres de canettes de Coca, je vais livrer le resto du Square".


Sortie de l'école.


"Namastééééééééééé".



Le vieux Kathmandu.


 

Trop fort, y a un temple qui a poussé sous l'arbre.
 

Et encore un fumeur de pipe à eau, il m'a fait goûter, c'est que du tabac.
 

Beaucoup de sculptures boudhistes à admirer dans les cours intérieures des vieux immeubles.

 

Une petite sieste en attendant le dépanneur  de remorque.


Accident...

 

 

Petit aparté :

A Kathmandu, des manifestants se rendent tous les jours dans la rue de l'ambassade de Chine.

"We are pro Tibet, not anti China", ils tentent de déposer des roses blanches à la porte de l'ambassade, les forces de police ont installé des barrages dans cette rue pour les en empêcher.

Hier soixante-dix  manifestants pacifistes ont été arrétés juste devant nous alors que l'on sortait de l'ambassade de Chine, la plupart étaient des réfugiés tibétains.

La crise alimentaire devient problématique ici aussi, le prix du sachet de 20kg de riz a triplé ces six derniers mois.

Or une famille népalaise consacre 80% de son budget à la nourriture et leurs deux repas sont constitués essentiellement de riz.

Au Cambodge, 450000 enfants n'auront plus qu'un repas par jour à la cantine, au lieu de deux avant cette crise...

Enfin tant que la spéculation rapporte, continuons à stocker les produits alimentaires de base pour faire monter les prix, encaissons les profits et faisons confiance au marché pour rééquilibrer la situation, après la crise bien sur.

A bientôt.

Christophe et Estelle

 

 


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Publié dans Népal

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A
Namastéééééééé ! c'est de nouveau tonton-concours ! Mais cette fois vous êtes "vraiment" concernés :<br /> <br /> http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/audetourdumonde/concours.php<br /> <br /> Ciao
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A
Visiblement… avant "Free Tibet" il faudrait œuvrer à "Free China" ? Vaste Débat ! Au fait, comme disait mon père : Quand on n'est pas fort il faut être malin ! Z'avez qu'à dire aux zautorités chinoises que vous faites partie de la F.F.V.C.S : Fédération Française de Vélocipèdie Cool & Spontanée… Et que que le jour de la compétition, vous serez respectivement premier et deuxième… <br /> Bon vent les p'tits bouviers.
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