Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 19:02

 

Bonjour à tous,

 

Depuis notre retour début juin, nous avons continué notre voyage, mais en France cette fois-ci.

Nous sommes partis à la rencontre  des membres  de différentes coopératives agricoles et nous y travaillons en tant que bénévoles.

En attendant un article plus complet sur ces expériences, nous vous avons remis un résumé de nos 15 premiers mois de voyage en vélo de Strasbourg à Singapour.

 

Bonne rentrée à tous

 

Christophe et Estelle

 

 

...début 2007.
Pendant la courte préparation de notre voyage (six mois entre la prise de décision de partir et le départ), nous nous sommes concentrés sur les aspects techniques: le matériel, les visas, le budget, l'itinéraire...Six mois c'est court et ça passe vite.
Jusqu'au dernier jour, nous emballions des cartons, dispatchions nos affaires chez nos familles, réglions des formalités administratives.
Dimanche 7 Juillet 2007, 15h. Après un dernier repas avec la famille et les amis, nous quittons la place St-Nicolas-aux -Ondes, remplis d'émotion.
Au premier carrefour, le voyage commence déjà. Nous sommes partis, nous pédalons devant la faculté, les bars de la Krutenau (quartier de Strasbourg), la boulangerie. Tous ces lieux font partie de notre quotidien, mais le voyage a bel et bien commencé, direction Bangkok.
L'objectif semble irréel alors que nous pédalons encore dans notre ville croisant les habitudes rassurantes de ces dernières années.
"Dis Estelle, t'es sûre qu'on est pas en train de faire une énorme erreur?".
Puis nous approchons du pont qui nous sépare de l'Allemagne.
Le compteur indique quatre kilomètres lorsque Christophe a sa première crampe, résultat de ces deux derniers jours de fêtes (mais dont le souvenir se révélera être du carburant pour les mois à venir).
Nous sommes seulement sur le pont de Kehl, nous traversons le Rhin.
Face à nous l'Allemagne, et à genoux sur le trottoir, un journaliste du quotidien 20 Minutes qui prend une photo. La crampe ne lâche pas le mollet droit, nous dépassons le journaliste, Christophe grimaçe, heureusement nous sommes en tandem et je continue à pédaler le temps que Christophe tende la jambe et que la douleur passe.
Premier arrêt au stand, dans la station d'essence où nous venions parfois faire le plein.
Nous avons fait quatre kilomètres et demi, il reste environ quinze mille kilomètres.
La route que nous avions prévue d'emprunter est interdite aux vélos, il faut prendre les pistes cyclables, celles qui ne sont pas indiquées sur notre carte (par contre on y voit bien les autoroutes). Au bout de vingt kilomètres, on se perd dans la campagne allemande, il commence à pleuvoir, on plante la tente dans un camping, à dix minutes en voiture de la place St Nicolas aux Ondes, lieu du départ de la courte étape du jour, on en imagine une paire en train d'hurler des insanités au patron du bar de la place qui doit rire aux larmes ou perdre son sang froid (qu'il a naturellement plutôt chaud) devant tant de bêtises humaines.

Vous êtes plus ou moins au courant de ce qui s'est passé entre Strasbourg et Bangkok. Pour l'heure, il s'agit pour nous de faire un petit bilan de ces dix-huit derniers mois, depuis que nous avons quitté notre cher pays.

Dès les premiers jours nous nous sommes aperçus des améliorations qui pourraient rendre notre voyage plus agréable: acheter une carte routière un peu plus détaillée ou renvoyer à Papa et Maman quelques uns des trop nombreux bouquins qui alourdissent nos bagages. Mais l'aspect technique allait vite passer au second plan, derrière la découverte du voyage à vélo, derrière les rencontres avec les locaux et l'apprentissage du voyage.



Au fur et à mesure de notre avancée, voyager à vélo s'est révélé d'une incroyable simplicité.
Nous n'avions aucune expérience du cyclo-voyage, même si nous étions des cyclistes confirmés.
En effet, Estelle pédalait tous les jours de l'appartement à la faculté, de la fac à son boulot, au moins trois kilomètres par jour avec un vélo ravagé par les éventuelles et épisodiques visites des êtres malfaisants que nous avions pris pour habitudes de fréquenter le week end.
Quand à moi, je m'étais résigné à ne plus réparer nos vélos, découragé par le comportement de ces ivrognes qui lorgnaient sur notre garage à vélos comme des renards sur un poulailler.

Mais les quelques cols vosgiens franchis à l'âge de douze ans en compagnie de mon Papa, me donnaient une certaine confiance quant à ma maîtrise de la bicyclette pour le trajet à venir.

Et finalement, quand on assume son amateurisme et que la performance sportive n'est pas un objectif, voyager à vélo devient simple et plaisant.
Techniquement, rien de compliqué, et on trouve souvent des passionnés prêts à nous aider et à nous conseiller, ce qui nous permet de devenir plus autonomes au fil des kilomètres.
Comme le disait Sebastien, un cycliste au long court rencontré à Kathmandou, "tant qu'on est sur le vélo, tout est simple et facile".

En plus de la simplicité, un autre avantage du cyclo-voyage, c'est l'indépendance.

Nous avons la liberté de choisir où on veut aller, quand on veut y aller, et même lorsque les imprévus viennent perturber nos "plans", nous nous sentons acteurs de notre voyage.
Nous sommes libres de disposer de notre temps, pas de bus qui klaxonne pour le départ, nous obligeant à remonter à bord, pas d'horaires décidés sans notre mutuel accord.
Nous sommes libres de choisir notre itinéraire sans que celui-ci nous soit imposé.
On pédale à notre rythme, on s'arrête où l'on veut et quand on veut suivant notre état de fatigue, au grès des aspirations ou des rencontres du moment.

Une jourée en Iran, après une erreur de lecture de notre carte, nous rallongeons l'étape de plus de cinquante kilomètres. Au milieu de ce désert de montagnes, nous croisons un voyageur habillé d'un gros pull en laine, d'une veste de cuir toute craquelée et d'énormes lunettes de soleil. Il porte un appareil photo en bandoulière et conduit une vieille moto russe: "Salut les gars, je suis Afghan, je vais en Europe. Je fais un reportage photo. Et vous qu'est-ce que vous faîtes ici au milieu de nulle part sur vos vélos...?". Rencontre improbable... On finit cette étape de nuit à la frontale sur une piste de gros cailloux. Les gentes et les pneus tiennent finalement le coup jusqu'à l'entrée d'un village où l'on pose notre tente avant de partager une assiette de riz avec quelques soldats.
Le lendemain, nous arrivons à Persepolis, le site deux fois millénaires nous domine de son immensité, le soleil se couche en caressant les immense sculptures de sa lumière chaude et réconfortante.
Nous sommes loin des exploits des aventuriers modernes, une assiette de riz, un coucher de soleil... mais notre voyage à vélo nous fait apprécier la simplicité avec plus d'intensité, comme si nous étions plus vivants.

Nous pensons que ce sentiment est dû à un autre avantage du voyage à vélo: la lenteur.
Nous nous déplaçons à une moyenne de soixante-dix kilomètres par jour pédalé. Nous avons le temps de scruter les détails du paysage, nous nous sentons plus proches de ce que nous observons. Nous avons l'impression de faire partie du spectacle.
Nous faisons aussi un effort physique, faut pas oublier qu'on pédale, et que nous traînons chacun 40kg (20kg de vélo, 20 kg de bagages, un peu plus pour Christophe que pour Estelle, mais c'est une autre histoire sujette à controverses et que...) Bref, nous pédalons, nous suons et cet effort quotidien nous fait particulièrement apprécier de nombreuses petites choses simples comme de l'eau fraîche, une pause à l'ombre, les sourires des passants, les gestes encourageants, applaudissements ou coups de klaxon (uniquement s'ils sont brefs et pas assourdissants, en particulier pas comme ceux des camions pakistanais et indiens, on en a encore les oreilles qui bourdonnent...). On apprécie ces choses simples, gratuites, nombreuses et accessibles, à portée de main, faciles à échanger. Elles sont un moyen de rencontre.
On nous offre de l'eau ou de la nourriture et on sourie, ils sourient à leur tour, on discute comme on peut puis nous reprenons la route tôt ou tard, un peu plus comblés. Notre chemin est ponctué de ces instants d'échange.

De leur côté aussi, les locaux ont le temps de nous voir passer.
Car ils sont aussi curieux que nous, ils scrutent nos déguisements (cuissards, casques...), nos vélos habillés de sacs panières, ils nous dévisagent et tentent de deviner notre provenance (pour Christophe Russie, Mexique ou un pays d'Europe, pour Estelle, Japon, Kazakhstan, Kirgizsthan...).

Le vélo est devenu pour nous la meilleure façon de voyager. Mais il nous a fallu du temps pour trouver notre rythme.
Au début, nous avons fait l'erreur de prévoir une période précise (et trop courte) pour accomplir les kilomètres prévus.
Nous "devions" faire nos soixante-dix kilomètres par jour, nous "devions" arriver à Bangkok pour le mois de mai 2008, nous "devions"... arrêter de nous imposer ces contraintes, héritières d'un état d'esprit imprimé par notre société, notre travail, nos études, nos habitudes productivistes où notre cerveau lui même s'est industrialisé et fonctionne avec des notions de vitesse, de rationalité, d'efficacité et de rendement. Nous trainions ce système (de pensée) comme une vieille casserole bruyante sans nous apercevoir du tintamarre qui nous encombrait.
Et puis nous avons décroché ces casseroles, les unes après les autres.
Une bonne journée n'est plus alors une étape à plus de X kilomètres et avec telle moyenne kilomètrique, mais une journée remplie de rencontres, d'échanges, de découvertes et de beaux paysages.
Les objectifs de départ et le stress se sont peu à peu dissipés, nous commençons à nous laisser porter par les imprévus et à ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure.

 
Les rencontres sont plus nombreuses dans l'arrière pays, dans ces espaces situés entre deux lieux touristiques, entre ces fameux sites incontournables.
Nous préparions notre itinéraire avec Bangkok en ligne de mire, mais il était ouvert à de nombreux et larges détours et changements en fonction des rencontres, récits d'autres voyageurs ou de locaux, contraintes extérieures (visas, passages de frontières, climat), envies du moment, etc...Et il a changé bien des fois.
Au début, ces changements pouvaient causer un stress (par rapport à notre objectif), puis ils devenaient de plus en plus naturels et nous pouvions nous laisser aller à l'enthousiasme.
"Alors nous passerons par ici"...Et nous voilà avec notre itinéraire décidé (plus ou moins). On lit alors sur la carte les cols, les rivières, les endroits où bivouaquer, on cherche les routes secondaires mais "la carte n'étant pas le territoire", nous demandons régulièrement la route aux locaux.
Car à vélo, on n'aime pas trop devoir faire demi-tour, alors nous avons besoin d'eux. On demande la direction à suivre.
C'est un autre moyen de rencontre, et de part et d'autre, il y a de la timidité et de la surprise à se parler,  les regards se croisent et s'interrogent, plus souvent légers et souriants que pesants et méfiants.
On entend des langues inconnues, les sons claquent, sifflent, on entend prononcer avec la bonne intonation le nom du village que l'on poursuit, on fait signe de la tête, "oui, c'est là que nous voulons aller", une main se tend indiquant quelle route suivre, on remercie, on se dit au revoir, tout impressionnés les uns et les autres d'avoir réussi à se comprendre.

Assis sur notre selle à pédaler pendant des heures, nous ne nous ennuyons jamais, tout occupés à regarder l'infini multiplicité des détails qui nous entourent.
On voit les paysages et les gens changer au fur et à mesure des kilomètres, on aperçoit de subtiles nuances sur le physique des gens -la couleur des cheveux, de la peau, les yeux qui se plissent, les habits...- et leur environnement, -l'ambiance et les odeurs dans la rue, le goût des plats, l'architecture des maisons...
Nous passons du monde occidental au monde oriental.
On s'aperçoit surtout plus concrètement que ces deux mondes ne sont pas tout d'un bloc, indépendants l'un de l'autre, comme si une ligne nette et précise délimitait une frontière au delà delaquelle nous basculons dans l'un ou l'autre.


Du point de vue local, deux blancs qui débarquent en vélo, dont une bridée et un blanc à la barbe hirsute, ce n'est pas commun.
Le contact est frontal, surprenant.
Les gens sont habituellement plutôt curieux de nous voir passer, on tape sur l'épaule de son voisin et on nous montre du doigt.
Assis sur notre vélo, nous ne sommes pas protégés par la vitre d'un véhicule. Nous essayons toujours d'aller vers les gens, d'établir un rapide contact, de leur montrer que nous sommes des hommes comme eux avant d'être des cyclistes, des touristes, des voyageurs, des étrangers ou des extra-terrestres. Nous faisons systématiquement bonjour, on lève la main, on sourit, on signale notre présence à l'aide de nos klaxon-trompette et klaxon-clochette. les visages fermés s'illuminent alors de magnifiques sourires.
Nous nous souvenons d'une fois en Inde où des dizaines d'hommes et de femmes creusaient un fossé à la pioche pour y enfouir des conduites d'eau, ils levaient leur outils vers le ciel, arc boutés les uns derrière les autres, le métal heurtait la terre meuble dans un bruit sourd, la chaleur nous assommait tous, nous étions, de notre côté dans l'ascension d'un long col, nous pédalions à huit ou neuf kilomètres heure.
Nous commençons à dire bonjour au premier ouvrier, et par un effet domino, ils relèvent la tête de cette fosse poussièreuse, les uns après les autres. Au fur et à mesure de notre lente avancée, nous leur lançons des "Namastééééééééééé" ("meilleurs voeux", équivalent de notre bonjour), leurs visages d'abord grimacés par l'effort et la chaleur, se figent de surprise de nous voir ainsi déambuler devant eux, avant de s'éclairer de grands sourires qui nous font oublier notre effort. Sans doute oubliaient-ils le leur aussi.
A chaque sourire, nous lâchions du leste et nous pédalions plus facilement. Nous nous sommes arrêtés et cette fois-ci, c'est nous qui leur avons offert à boire.


Avec le recul, nous pensons que la sueur et l'effort que nous produisons facilitent la rencontre, nous portons souvent la même poussière sur nos visages, eux dans les chantiers ou les champs, nous sur la route.
Nous n'avions rien à leur offrir d'autre que nous et notre voyage et ils n'avaient rien à nous offrir d'autre que leur quotidien. Nous étions semblables.


Dans les endroits touristiques, où les rapports commerciaux tendent à dominer les échanges humains, nous ne monopolisons plus l'attention de la rue, notre mode de transport sous entendant que nous n'avons pas beaucoup d'argent.
Pour la plupart d'entre eux, seuls les pauvres voyagent en vélo.
Ainsi appréhendés, nous sommes moins intéressants pour le commerce touristique.


Voyager en vélo nous donne le sentiment de découvrir et d'apprendre dans un contact direct souvent désemparant, comme les foules qui parfois nous entourent, les paysans qui nous arrêtent pour nous offrir des fruits, les motards ou automobilistes qui nous suivent pour nous regarder ou faire la discussion, des enfants qui viennent faire la course avec nous sur quelques kilomètres, des jeunes qui souhaitent nous offrir un sabre pour nous protéger contre les bandits...
Et l'aventure est chaque jour au bout du guidon.
Les rencontres en bord de route se sont souvent prolongées autour d'un repas et d'une soirée passée ensemble. Nous avons découvert la consistance du mot "hospitalité".

Et dans ces rencontres, nous découvrons que toutes ces différences apparentes ne sont qu'un vernis derrière lequel  l'homme est fait du même matériel.

 

Récemment, nous avons lu un petit bouquin de Claude Levi Strauss datant de 1953 et qui traite de l'ethnocentrisme et du racisme (1).
Il prend l'exemple de voyageurs dans un train, le train étant assimilé à la culture et au système de références desquels nous dépendons. Nous percevons le monde depuis notre compartiment avec notre système de références occidental qui "juge les choses à l'aube du développement mécanique et économique, et met de côté l'aspect moral et social".
Quand deux trains se croisent (plus les cultures sont différentes, plus les trains se croisent rapidement), les voyageurs à l'intérieur de chaque train n'ont pas le temps de s'observer, "d'accumuler des informations".
Cette rencontre, ce croisement se résume à "un brouillage momentanné du champ visuel,  ce n'est plus un train, il ne signifie plus rien". Nous n'avons pas le temps de percevoir les passagers de l'autre train. Un message sonore nous avertira peut être que nous venons de croiser tel ou tel train mais nous n'en savons pas plus".
Ces croisements furtifs se traduisent en langage quotidien par: "Ces gens n'ont pas de culture", "ce sont des barbares"...Dans l'autre train, les gens pensent la même chose et ils pensent que s'ils n'ont rien vu, c'est qu'il n'y a rien à voir.


La lecture de cet essai tombé par hasard entre nos mains (dans une de ces nombreuses boutiques de livreslaissés ou échangés par des voyageurs) tombait à point pour conforter notre éloge de la lenteur. A la vitesse moyenne de dix-sept kilomètres heure, nous pouvons observer de nombreux aspects du train, "accumuler une plus grande quantité d'informations",
On a le temps d'appréhender la multiplicité des détails, les petites touches impressionnistes qui dessinent les lieux et les personnes.
Et cette lenteur nous permet de nous rendre compte à la fois des différences mais surtout des très nombreux points communs qui existent entre nous malgré les frontières que certains ont tracées.
Des territoires ont été délimités, cloisonnés, des peuples ont été rangés dans des trains qui sont appelés "nations".
Les communautés de deux régions frontalières qui sont séparées par une barrière étatique sont souvent bien plus proches entre elles qu'elles ne le sont des autres habitants de leur propre "Etat".
Ces hommes et ces femmes ont un passeport différent (quand ils en ont un), mais de par leurs coutumes, leurs origines, leur couleur de peau, leurs croyances, leurs habitudes culinaires...ils ont plus de points communs avec leurs voisins frontaliers qu'avec leurs propres compatriotes. Et pourtant leurs dirigeants ont souvent plus cultiver leurs différences et ont su faire mûrir en eux la crainte de l'autre.


Au Montenegro, on nous dépeignait les Albanais comme de dangereux criminels, et ces derniers nous faisaient le même tableau des Turcs, les Turcs des Iraniens, les Iraniens des Pakistanais, etc...etc...
Ceux dont le discours était le plus alarmant n'avaient jamais mis les pieds dans ce pays voisin qu'ils décrivaient comme "barbare". Mais ils nous disaient "On sait", "On a entendu que", "On a vu" (à la télé probablement), "Là-bas ce sont des barbares, méfiez vous...".
Pourtant ceux qui avaient eu l'occasion d'y aller étaient toujours très rassurants.
Notre prise de conscience de ce cloisonnement a été d'autant plus forte aprés notre entrée en Iran.
Avant le début du voyage, on nous demandait parfois l'itinéraire que nous comptions emprunter. A l'énoncé des pays, les visages se pétrifiaient de stupeur lorsqu'on nous prononcions le mot Iran ou Pakistan.


Le discours unilatéraliste de nos gouvernements et des médias nous a tous enduit le cerveau avec la peur de la menace islamiste et du terrorisme.
L'Iran n'est abordé dans la presse que sous l'aspect de son potentiel nucléaire, de la menace terroriste et des phrases provocatrices de son président Mahmoud Ahmadinejad.
On n'oublie de parler des Iraniens, ou plutôt de ces hommes qui vivent dans ce territoire appellé Iran. Eux aussi sont oppréssés par leur gouvernement et iront en guerre si celui ci le décide et les y oblige (voir notre article sur l'Iran).

Et pourtant, nos rencontres les plus fortes ont eu lieu dans ce pays. Et nous voulons leur dire tout particulièrement "bravo et merci", bravo pour avoir préserver cette humanité, ce sens du partage, ce lien social, merci pour nous avoir accueillis comme des amis, des frères ou même parfois comme leurs propres enfants plutôt que d'avoir perçu en nous l'étranger, l'inconnu, le Français (depuis que sarkozy est président, on nous demande souvent ce qu'il se passe dans notre pays, nous nous apercevons que l'opinion publique nous est beaucoup moins favorable que par le passé, mais pourtant nous avons quand même été les bienvenus).
Nous nous sentons désormais proches d'eux, simplement reliés par cette humanité intrinsèque, commune à tout homme. Par ce qui existe en chacun de nous avant qu'on le recouvre de différentes couches de peinture politique ou religieuse.
Nous nous sentions chez nous.
Serions nous tous decendus du train le temps d'une soirée?


Bon là, on va dire "oh les deux tourtereaux, ils s'emportent un peu, 15000km à manger de la poussière en plein soleil et ils ont le cerveau qui bourdonne, la lapidation, les serials killers, les terroristes et leurs amis néoconservateurs...faudrait arrêter de rêver, vous avez certainement eu de la chance, vous auriez pu mal tomber".

"Dans nos sociétés "libres", on nous impose un faux dilemne, on nous offre la possibilité de choisir entre deux alternatives qui reposent sur une identique perspective: "l'homme est un loup pour l'homme".
Soit nous allons dans la direction du marché toujours plus libre et sans entrave où la main invisible jugulera les excés de chacun (philosophie d'Adam Smith), soit on exige des contrôles toujours plus sévères avec un Etat fort  qui va vérifier, verouiller, surveiller, punir, et qui ne doit pas hésiter à terroriser la population au nom d'un principe de sécurité (philosophie de Thomas Hobbes).
Donc d'un côté, l'individualisme libéral, le chacun pour soi, de l'autre côté, un Etat toujours plus répressif et opressif.
Une autre alternative serait de faire le pari que l'homme n'est pas forcèment ce prédateur social et qu'il peut exister des relations qui se fabriquent sans passer par les voies économiques en activant le sentiment de solidarité et de réciprocité, c'est l'idée de don de Marcel Mauss.
D'après lui, le premier des dons, c'est le don de la vie fait par nos parents, c'est le don de générosité première.(2)

L'hospitalité des Iraniens est un don. Ce don favorise un climat propice à un échange sincère.
On se sent obligado (expression de Nouvelle Calédonie signifiant je suis ton obligé), la générosité de notre hôte nous donne envie de donner à notre tour, nous voulons être à la hauteur de leur noblesse, Nous tentons de nous y élever par la sincérité de nos remerciements, par exemple...
Au petit matin, quand nous reprenons la route, nous sommes souvent émus de se quitter.

Faudrait-il alors croire ces représentations préconçues du monde et les discours qui les accompagnent plutôt que nos propres observations et raisonnements?
L'Iran en est un parfait exemple où nous avons pu nous éloigner du bruit médiatique et des représentations erronnées pour se rapprocher un peu plus de la réalité.

 

"Pourquoi vouliez vous voyager?", nous demande-t-on parfois.

Nous ne savions pas exactement pourquoi nous voulions partir, loin d'un appel mystique nous motivant à rencontrer les peuples du monde, nous voulions tout simplement faire une pause, les derniéres années s'enchaînaient tellement vite que nous n'avions pas le temps de "nous poser (prendre notre temps, arrêter de courir, nous reposer? nous poser...des questions?)".

Estelle finissait ses études, je prenais un congé sabbatique d'un an, nous pédalions direction Bangkok.
"On fait le voyage puis c'est le voyage qui vous fait" disait Nicolas Bouvier (c'est bien lui, Alain? on se trompe pas).


Nous étions partis avec plus que le nécessaire.
Puis pour des raisons de poids, il a fallu ne garder que ce qui nous paraissait essentiel. D'abord obligée, cette simplicité est devenue volontaire. Ainsi allégés, nous avions plus de temps pour nous écouter.

Arrivées en Thailande, l'envie de continuer était la plus forte.
Après la Malaisie et Singapour, ces quatre mois de sédentarisation nous ont permis de faire une pause.
Ce soir nous reprenons la route. Nous montons dans un road train, ces longs camions tirant trois à quatre remorques, direction plein sud pour Adelaide à trois mille kilomètres de là ou nous sommes.
Le routier, Popeye de son nom, offre le "lift" aux voyageurs, il apprécie avoir de la compagnie pour les 48 heures de traversée qu'il effectue d'un trait.
Nous pédalerons ensuite vers Melbourne avant d'embarquer pour la Tasmanie, où nous voulons arriver le plus tôt possible pour profiter de son climat clément en été (janvier, férvrier, mars).
Nous essayerons d'alimenter le blog plus régulièrement.
Le prochain article concernera la clotûre definitive de l'opération Child watch Phuket et les petits Romains (école de Koenigshoffen).
Avant de se quitter, voici un texte influencé par la culture tzigane entendue récemment à la radio.

Nous vous souhaitons à tous une bonne année.

Christophe et Estelle.

Quelles raisons avions nous de partir?
Quel vent rappellez moi nous poussait
On arrive jamais pour les raisons qu'on avait de partir
On ne revient pas pour les raisons qu'on avait de s'en aller
Quelle mouche nous piquait
A quelle étoile avions nous accroché nos verdines
Premier virage tourne, on oublie tout ça

 

Quelle détresse avons nous fuie?
quel horizon nous allumait?
meme si c'est en tribu qu'on voyage
un enfant à l'épaule
voilà une pluie,
voilà une guerre,
voilà une épidémie,
voilà un anneau d'or,
voilà une terre sacré,
voilà un amour
Et l'on sait qu'on n'arrivera jamais pour les raisons qu'on avait de partir
Hasard, nécessité, pente fatale, irréductible destinée,
voilà la vérité du parcours,
Mais nous ne sommes pas seulement ces foetus irrésolus
L'amour est enfant de bohème,
Quelque chose penche,
Quelque chose pense,
Quelque chose prie,
Quelque chose ne veut pas plier,
Sans mot, souvent sans parti, sans patrie,
L'homme descend du songe,
Et ce songe dit le chemin,
Et le chemin penche et pense et rêve,
Non, nous ne sommes pas seulement ces bouchons résignés,
Pas seulement soumis au vent,
uniquement gouvernés par la tyrannie et les fléaux,
les vertes collines et les bordels aux seins fleuris
Le chemin nous fait
Et nous faisons le chemin
Jamais au fond ne s'interrompt le secret conciliabule entre la destinée et la liberté
Chacun, chaque jour sauve sa cohérence

Le voyage c'est des choses qui existent mais qu'on invente
Des là bas qui n'existent que si j'y suis
On ne voyage pas si on ne rêve pas le voyage que l'on fait
On ne parle pas du rêve qui endort
Mais de celui qui réveille,

(pas de nom d'auteur)


(1) Claude Levi Strauss, "Race et histoire", Editions Gonthier.
(2) Extrait d'un entretien entre Alain Guillard et Daniel Mermet,
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1558. (ecouter a partir de 15h28)
.

Par Tanchovic
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Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /Avr /2010 08:50

Une rapide mise à jour avant le grand saut du retour.
Durant notre séjour en Indonésie, ou plutôt à Bali, puisque c'est là que nous sommes restés le plus longtemps, nous avons pris la décision de ne pas rentrer en bateau et train, via le Japon, la Corée du Sud et la Russie.
Visas, complications aministratives, coût des transports, présence de l'ami Steak au Japon que nous n'aurions pu éviter, et deux billets Singapour-Paris offerts par Air France ont infléchi notre décision...

 

On a préféré la simplicité et la facilité, on s'envole demain soir de Singapour pour atterrir à Charles de Gaulle mercredi matin.


Pendant notre séjour balinais à Ubud, nous avons mis à profit notre temps pour développer un site internet  sur le voyage à vélo.
Les gens susceptibles de commencer un voyage à vélo se posent souvent les mêmes questions sur le matériel, les visas, le campement...ce site espère répondre à toutes ces questions et vous aider à vous lancer dans l'aventure.
Vous pourrez également visiter la rubrique "Le cyclovoyage en mots" pour lire des textes de cyclovoyageurs.
Le site est encore en construction mais beaucoup d'informations sont déjà disponibles, l'adresse est la suivante:


cyclovoyage.com

Nous ne prendrons pas le temps d'écrire un texte sur Bali même si nous avons adoré la douceur de cette île.
La culture balinaise se matérialise par de nombreuses et presque quotidiennes cérémonies.
Seule île de religion hindouiste sur les 17 504 que comptent l'Indonésie (dont 7 870 seulement portent un nom), Bali est un mélange subtil entre le folklore, pour nous les touristes, et ses traditions.

Après Bali et un passage sur Lombok, nous avons quitté l'Indonésie pour la Malaisie où nous avons passé nos dernières semaines sur l'île paradisiaque de Tioman.
Nous nous sommes promenés avec masque et tuba pendant de longues ballades aquatiques entre coraux colorés et poissons scintillants, les yeux ecarquillés devant tant de couleurs et de diversité, une tortue passe et semble nous inviter à s'envoler dans cet espace aquatique...


Et puis Singapour, paradis capitaliste, où les interdictions sont nombreuses, sauf celle de travailler dur sans jamais se plaindre et où nous nous régalons dans les "Foodcourts" des centres commerciaux en compagnie d'un cousin d'Estelle et de sa famille...

Et demain, Paris, après presque trois ans de voyage, nous allons retrouver notre famille.

 

INDONESIE, BALI

 

 

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INDONESIE, LOMBOCK

 

 

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MALAISIE, TIOMAN ET CORAL ISLAND

 

 

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Par Tanchovic
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 07:38
 


NZgreatbarrierisland2


Blog of two travelers, who left Strasbourg in France in July 2007 on pushbikes and arrive in Singapour 15 months later.

The journey kept going in Australia and New-Zealand where we've cycled, hitch-hiked and walked.

We are now in Bali, on the way back to France.

 

Blog de deux voyageurs, partis à vélo de Strasbourg en juillet 2007 pour arriver à Singapour 15 mois plus tard.

Le voyage se poursuit en Australie et en Nouvelle-Zélande à vélo, en auto-stop et à pied.

Notre périple nous amène maintenant à Bali, sur la route du retour.

 

NZEstelleintegraleantisoleil

Pourquoi cet accoutrement? Demandez à l`intéressée.


Résumé suivant en anglais. Vous trouverez la version francaise au paragraphe suivant.

 

New-Zealand is a country of 268680km², a little bit bigger than United-Kingdom, for 4 186900 inhabitants.
The Maoris, who arrived by different waves between 1050 to 1300, represent 14% of the population.
Maoris is a name that covers different tribes (iwi), composed of many clans (hapu), each of them have their own dialect and a specific culture.
The Europeans arrived in NZ in 1642, but settled the first colonies between 1769 and 1771.
On the beginning, the relationship was quite pacific and based on trade, the Maoris did even sell some land to the Europeans.
But the raise of tensions due to development and immigration finally raised to wars between Maoris tribes and between Maoris and Europeans.
The Maoris were good warriors and defend themselves against the European Invaders. They finally signed the treaty of Waitangi in 1840. In despite of this agreement, from 1840 to 1890 Maori population decreased from 80000 to 40000 people.
And the treaty? Well, it's still there today and it protects the rights of the Maoris.
Compared to the Aboriginals of Australia, the Maoris have a better place in the society, their identity and their culture have been better preserved and tend to recover while Australian aboriginal culture who is quite unknown, like their knowledge in plants or their rich social organization.


In NZ efforts are made to help intercultural cooperation.
On example. In 1936, 80% of the Maori population were living on the countryside. In 1986, 80% were living in urban area.
We wont speak about the cause of this process and the conservative experience made in NZ in the 80's.
But some of the consequences are a loss of identity, loss of tradition and roots and a raise of criminality.

Understanding than the usual and classical answer of the justice was not working (punishment and jail), the government of NZ took a radical step with the passage of the Children, Young Persons and Their families Act in 1989.
It created a new process called the Family Group Conference, and extended to all youngsters aged fourteen to sixteen charged with criminal offenses other than the most serious.
"Four elements of pre-European Maori society inspired the creation of the FCGs:
First, the emphasis was on reaching consensus and involving the whole community.
Second, the desire outcome was reconciliation and a settlement acceptable to all parties, rather than the isolation of the offenders.
Thirdly, the concern was not to apportion blame but to examine the wider reason for the wrong.
Fourthly, there was less concern with whether or not there has actually been a breach of the law and more concern with te restoration of the harmony.
 
The FCG brings the offenders, his family and his supporters together with the victim and his family and supporters.
What this process suggests is the possibility that no matter how large a city we live in physically, we still live emotionally and psychologically in small communities of our own making.
Beneath the surface purpose, one intents is to help people see others as complex, many-sided and whole creatures, not only offenders, another is to give offenders a graphic demonstration of the degree to which their action touch others, both positively and negatively and that nothing they do is without consequence to others.
 
Some results:
the number of children admitted to Social Welfare Department residences dropped from 2712 in 1988 to 923 in 1993, as a result half of all young custody facilities have been closed.
The number of prosecuted cases against young people aged 17, 18. 19 years old dropped by 27% over the five years from 1987 to 1992.
(for more informations, Ruppert Ross, Returning to the teaching).
 
So how many fight and war to understand that intercultural cooperation is a good solution to our future problem?
And what about today? How many wars are running now, how many deaths to finally sign a treaty and one day understand that we have to live together, that we can't kill all our enemies (because there will be always new one) and that cooperation is maybe the only way?
 
Another interesting side of New Zealand, is the fact that they decided to be the first Western non-nuclear country in 1987.
In 1986, they refused the entry to US nuclear ship in their harbor, and signed the New Zealand Nuclear Free Zone, Disarmament, and Arms Control Act.
In 2008, N Sarkosy announced the construction of a new EPR (kind of a new experimental nuclear plant).
80% of the French electricity is produced by nuclear plants...
But maybe you don't know AREVA, it is a French corporation who build nuclear plants and has a very powerful and apparently successful lobbying.
 
Anyway, lets go back to New-Zealand, where we really enjoyed the 30% of land protected by the Department of Conservation (National Parks). The rest is under intensive agriculture, or covered with ship and cattle.
NZ is a "great country of adventure", camel hike, helibike, powerjetboat, you can even drive an ex US tank in a muddy field...and do a lot of those adventurous activities
Or you can hike in beautiful forest and stay in one of the 700 huts spread in the country. But this is free and boring.
We let you guess our choice in the next pictures, after the French version of this article.
 
Have a great year 2010 full of beautiful meetings and adventurous experiences.
 
Christophe and Estelle

 

  NZroad


Voilà deux semaines que nous avons quitté la Nouvelle-Zélande où nous avons voyagé ces deux derniers mois, un peu en vélo, et beaucoup en stop et à pied.

Vous savez tous que c'est un pays qui compte plus de moutons que d'habitants, mais complétons un peu le portrait.

La Nouvelle-Zélande est composée principalement de deux îles -l'île du Nord et l'île du Sud- et d'une multitude de petites îles tout autour.

Plusieurs noms existent pour nommer le pays dans les dialectes maoris, le plus commun est Aotearoa "pays du long nuage blanc", nuage blanc que vous pourrez apprécier plus bas dans notre série de photos sur ...les nuages.

 

La superficie d'Aotearoa est de 268680km², soit un peu moins que l'Italie et un peu plus que le Royaume-Uni. Sa zone maritime exclusive est la septième plus grande du monde, elle recouvre quatre millions de kilomètres carrés.

La population est de 4 186900 habitants dont près d'un million vit à Auckland dans le Nord de l'ìle du Nord.

L'île du Sud est très peu peuplée (environ un tiers de la population).

Les Maoris représentent 14% de la population. "Maori" est une notion occidentale qui regroupe de nombreux iwi  (tribus) se divisant en hapu (clan) possédant chacun une culture et un dialecte propre.

 

Les premiers Maoris seraient arrivés de Polynésie par plusieurs vagues successives, entre 1050 et 1300, tandis que les Européens débarquèrent en 1642 et installèrent les premières colonies entre 1769 et 1771.

Au début, les Maoris acceptèrent les Européens, leur vendant même des terres. Les différentes tribus qui commerçaient déjà entre elles, étaient intéressées par les produits européens, les mousquets par exemple, on nous a dit que les Maoris ne connaissaient pas l'usage du métal.

Mais les conflits d'intérêt engagent bientôt Maoris et Européens dans des guerres meurtrières.

On vous passe les innombrables tueries entre tribus Maoris et, entre Européens et tribus Maoris pour arriver à la signature du traité de Waitangi, "charte garantissant les droits des Maoris" en 1840.

Paradoxalement, de 1840 à 1890, la population de ces derniers réduira de moitié, passant de 80000 à 40000 pendant que les immigrants continuent d'affluer.

Le traité, "bizaremment", n'aura pas mis à fin, de part et d'autre, à la volonté de dominer cette terre.

Vive les traités.

L'indépendance du pays sera acquise en 1947.

A noter qu'en 1893, la Nouvelle-Zélande est le premier pays à donner le droit de vote aux femmes.

Aujourd'hui, les élections législatives, tous les trois ans, se font sur un système de représentation proportionnelle mixte, décision prise suite à un référumdum en 1993. Beaucoup de minorités, issue ou non de l'immigration (23% des Néo-Zélandais sont nés à l'étranger), sont désormais présentes au parlement, comme le parti des transsexuels et celui des rasta (2).

 

Voilà pour une présentation rapide de la Nouvelle-Zélande.

 

Plutôt que d'enchainer en vous parlant de la beauté des paysages, de la gentillesse des Kiwis (surnom donnés aux Néo-Zélandais), et des trucs super intéressants qu'on a fait ou qu'on aurait pu faire (du dromadaire, du hélibike, du powerjetboat ou encore conduire dans un champ de boue un tank racheté à l'armée US ...), nous voulions attirer votre attention sur quelques particularités du pays qui ont retenu notre intérêt: la relation entre les Maoris et les Pakeha (terme légèrement péjoratif pour désigner les "blancs") et la place de l'écologie en Nouvelle-Zélande.

 

En Australie, nous avions remarqué comme les Aborigènes vivaient à l'écart du reste de la société et dans des conditions de vie indignes et précaires.

Leurs terres ont été conquises sans contrepartie et ils ont été chassés comme des animaux jusque dans les années 1950.

Ces dernières années ont vu des améliorations en terme de compensation financière et de retour des terres mais le fossé entre populations aborigènes et occidentales reste entier. Et de la culture des peuples aborigènes, comme par exemple leur connaissance de la flore ou leur riche organisation sociale, de tout ce passé, il ne reste guère que le didjeridoo et l'habitude très répandue de marcher pieds nus.
En résumé, adaptez vous à ce nouveau monde que nous vous proposons et oubliez votre passé que nous ignorons encore plus que vous.

Pardonnez-nous la caricature, mais c'est l'impression d'ensemble qu'il nous en reste.

 

En Nouvelle-Zélande, les Maoris, peuple de guerriers, se sont défendus ardemment, obligeant les nouveaux envahisseurs Européens à faire de nombreuses concessions.

Il y a plusieurs siècles, les Maoris s'étaient eux aussi lancé à la conquête de nouvelles contrées, peuplant de nouvelles îles jusqu'à leur installation en Nouvelle-Zélande.

A l'arrivée des Européens, la résistance physique des Maoris à l'envahisseur leur a permis de préserver une partie de leur culture et de réclamer des droits et une place dans la société néo-zélandaise qui est aujourd'hui nettement plus importante que celle des Aborigènes en Australie.

Des décennies de conflits meurtriers pour finalement aboutir à la voie de la coopération.

Il n'est pas question ici de débattre sur ce sujet et bien evidemment il est aussi trop tard pour discuter de l'invasion européenne. Pourtant l'expansionnisme et le colonialisme sont toujours d'actualité.

 

Aujourd'hui les multinationales se ruent et spéculent sur les terres africaines en achetant des millions d'hectares destinés à de la monoculture de jatropha ou de canne à sucre (biodiesel) pour remplir les réservoires de nos belles bagnoles, sans se préoccuper des famines qui risquent d'en découler, ni du désastre écologique et politique.

Mousquets ou biodiesel, même obstination, et on remettra en cause notre comportement quand on n'aura plus le choix, quand on sera au pied du mur.

En attendant, on signe des contrats comme on signait des traités, on s'autocongratule en faisant (semblant?) de croire que l`on ne fait que suivre l`ordre des choses, "si c`est pas nous, les autres en profiteront", c'est la guerre économique, pardon le monde libre ou chacun à la liberté d`exprimer son potentiel créatif et productif dans le libre jeu de la compétition.

 

Revenons à notre relation entre Maoris et Pakehas. Les Maoris se sont donc battus et sont aujourd'hui complétement intégrés dans la société et le système économique néo-zélandais.

Si leur représentation est faible au Parlement, il n'en demeure pas moins que leur voix compte, que leurs points de vue, leurs opinions sont écoutés par la majorité d'origine européenne et qu'ils ont la capacité et le pouvoir de faire respecter leurs traditions.

De ce "dialogue interculturel" nait parfois des pommes de discordes faisant râler les blancs quand il faut détourner une autoroute pour préserver un site sacré maori, pour ne citer qu'un exemple.

Mais ce qui est surtout intéressant de retenir c'est la richesse de ce dialogue et sa capacité à apporter des solutions à de nombreux problèmes contemporains.

 

Un exemple.

 

En 1936, 80% des Maoris vivaient à la campagne. En 1986, plus de 80% vivent en milieu urbain. Cette migration urbaine entraine un abandon de leur mode de vie traditionel et une importante perte d'identité. Le recensement de 2001 révèle que 20 % des Maori ne connaissent pas leur iwi (tribu) d'origine, et beaucoup de ceux qui s'en souviennent ne connaissent plus leur hapu (clan).

Ainsi, dans les années 1990, la jeunesse maori n'ayant connu que la ville, se sent détachée de sa culture et de sa famille, isolée dans la pauvreté urbaine, certains ont tendance à se rebeller, et certains de ces "rebelles" versent dans la violence et parfois dans la criminalité.

Ca commençait à craindre dans les banlieues et les peines de prison et leçons de morale n'arrivaient pas à améliorer la situation.

 

Prenant conscience de l'inefficacité du système judiciaire classique, les Néo-Zélandais, plutôt que d'organiser un grand débat sur l'identité nationnale, traduire les mineurs en justice, durcir les peines de prisons ou stigmatiser une partie de la population, ont choisi la voie de la consultation interculturelle. A l'issu de cette derniere, un nouveau décret -le "Children, Young persons and Their Families Act" (1989)-  instituait la création de commissions -Family Group Conférence, (FCG)- regroupant les familles, les communautés et les proches à la fois des mineurs accusés d'un délit et des victimes de ce délit, pour statuer sur le délit et les suites à apporter.

Ce nouveau procédé est étendu à tout mineur, maori ou non et repose sur quatre principes de la justice traditionnelle Maori:

 

1 Atteinte d'un consensus regroupant toute la communauté (famille, amis, voisins, collègues ou toutes personnes supportant l'accuse, et famille, amis, voisins, collègues ou toutes personnes supportant ceux subissant le dommage).

2 Obtention d'une réconciliation entre toutes les parties et d'un accord satisfaisant toutes les parties (plutôt que l'isolation et la punition du coupable).

3 L'objectif n'est pas de blâmer l'accuser mais de comprendre les causes plus profondes qui l'ont poussé à commettre cet acte.

4 Il est plus important de restaurer l'harmonie dans la communauté plutôt que de savoir si la loi a été bafouée.

 

"Ce procédé suggère que quelle que soit la taille de la ville dans laquelle nous habitons, nous vivons tous émotionnellement et psychologiquement dans de petites communautés, composées de la famille, des amis, des voisins, des collègues de bureau.

Plutôt que de privilégier l'humiliation, l'isolement et la punition, la commission, gérée par des coordinateurs et des professionnels (dont le rôle est d'aider les différentes parties à trouver un consensus et non de diriger et contrôler la réunion) tend à faire prendre conscience à chacun, de son rôle et de ses responsabilités dans cette communauté, role dont il n'avait pas forcèment conscience avant"(1).

Chaque personne présente tend à comprendre l'ensemble de l'histoire de l'accusé et à appréhender la personne dans toute sa complexité.

De même, ce dernier, en voyant l'ensemble de la communauté interagir, saisit mieux les consèquences de son acte sur son environnement.

 

Les résultats sont très positifs: 80% des commissions ont trouvé un consensus, le nombre de jeunes finissant en maison de correction a été divisé par trois entre 1989 et 1993, la moitié de ces centres de détention ont été fermé.

Entre 1989 et 1993, le nombre de délits commis par des jeunes âgés de 17 à 19 ans a réduit de 27%.

L'Australie s'est montré intéressée pour développer une commission en projet pilote dans certaines de ses communautés.

 

D'autres solutions pour reconnecter la jeunesse à leur tradition, origine et culture ont été apportées, avec notamment la mise en place de groupes de soutien et d'éducation sur la culture maori et la construction de marae (sorte de maison communautaire) urbains ouverts à tous, Maori ou Pakeha.

 

C'est ici que nous voulons aborder une autre caractéristique concernant la Nouvelle-Zélande.

 

En février 1985, la Nouvelle-Zélande refuse de donner accès à ses ports aux navires nucléaires Etats-Uniens -et à tout navire transportant des armes nucléaires- allant à l'encontre du traité ANZUS (coopération militaire complète entre NZ et Etats-Unis). En 1986, les États-Unis annoncent la suspension de ses obligations définies par le traité ANZUS avec la Nouvelle-Zélande.

 

En 1987, la Nouvelle-Zélande devient territoire dénucléarisé et le New Zealand Nuclear Free Zone, Disarmament, and Arms Control Act interdit l'installation d'armes nucléaires sur le territoire ainsi que l'entrée dans les eaux territoriales néo-zélandaises de navires nucléaires ou portant des armes nucléaires.

Cette législation reste une source de controverses avec les États-Unis.

On peut d'autant mieux comprendre l'impact du Rainbow Warrior et des essais nucléaires français aux portes de leur territoire.

 

La Nouvelle-Zélande devient le premier État occidental dénucléarisé et initie une nouvelle tendance pendant que les nuages de Tchernobyl contournent notre pays.

 

 L’Australie, l’Autriche, le Danemark, la Grèce, l’Irlande et la Norvège, qui ne disposaient pas de centrales, avant 1987 et Tchernobyl, ont proscrit tout nouveau projet de construction. La Pologne a même arrêté la construction d’une centrale.

La Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne et la Suède ont décidé de ne pas construire de nouvelle centrale, mais continuent d’exploiter les centrales existantes. L’Allemagne va encore plus loin en fermant volontairement des centrales avant leur date théorique de fin d’activité, dans le cadre d’un plan de « sortie du nucléaire » qui doit s’achever vers 2018 s’il n’est pas remis en cause entre temps.

 

En Allemagne et en Espagne, les énergies renouvelables représentent respectivement 12,5% et 13% de l'électricité produite.

En France?

Le nucléaire représente encore 80% de l'electricité produite. N. Sarkozy s'est même engagé (le 3 juillet 2008) à construire une deuxième EPR. 

L'énergie renouvelable -éolienne, solaire, biomasse- représente 1% de l'électricité consommée en France.

 

Mais le nucléaire c'est moins de gaz à effet de serre!

Oui, si on ne comptabilise pas l'électricité importée depuis des centrales classiques à fioul ou au charbon

en raison de l'arrêt de 9 centrales vieillissantes, si on met de côté l'extraction de l'uranium, son enrichissement, la construction puis le démantèlement des installations et le traitement des combustibles usés (en France, plus un kilo par an par habitant).

Sans parler des risques (fuite de Tricastin en 2008) et des problèmes de stockage des déchets.

Mais AREVA est un joyau de l'industrie française dont il faut savoir préserver l'intérêt privé au détriment de l'intérêt général.

 

Fermons la parenthèse sur le nucléaire et partons nous ballader dans les forêts néo-zélandaises.

 

Dû à son isolement et à sa géographie insulaire, la Nouvelle-Zélande abrite une faune et flore très particulière.

 

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Environ 80 % de la flore lui est spécifique. Des 70 000 espèces végétales terrestres du pays, seulement 30 000 ont été étudiées.

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Végétation luxuriante sur Great Barrier Island


L'insularité a protégé cette faune et flore pendant des siècles jusqu'à l'arrivée des humains et des animaux qui voyageaient avec eux.

Les Maoris ont apporté avec eux le chien polynésien (« kuri ») et la souris polynésienne (« kiore »).

Avant l'arrivée de l'homme, l'île ne comptait aucun mamifère.

Sans prédateur, beaucoup d'oiseaux construisaient leur nid au sol. Ces derniers sont maintenant en voie de disparition (Kiwi, kakapo, takahé par exemple). Les possums, chats, chiens, chèvres sauvages, sangliers, cerfs, boucs, vaches et moutons contribuent à leur extinction, soit en s'attaquant directement au nid, soit en retournant la terre.

Pour enrayer cette perte de biodiversité, de nombreux programmes sont mis en place pour chasser et exterminer rats, chats, chiens, chèvres sauvages dans les parcs nationaux.

 

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Les chasseurs coupent les queues des chèvres sauvages abattues et recoivent une prime pour chacune.

The hunters cut the tails of the wild killed goat and receive some cash for it.


Le Department of Conservation protège environ 30 % du territoire. En dehors de ces 30%, l'agriculture intensive, la production de pins, l'élevage de vaches, moutons et cerfs recouvrent le territoire et une grande partie des productions est destinée à l'exportation...

 

Les fougères néo-zélandaises possèdent une espèce, la Cyathea dealbata, qui est devenue symbole du pays ainsi que de son équipe nationale de rugby à XV).

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 Pendant ces deux mois en Nouvelle-Zélande, nous nous sommes plongés dans les forêts millénaires des parcs nationnaux, peuplées de nombreuses espèces de Silver Beech (sorte d'hêtres) et de Kauri géants.

 

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Kauri

 

Le Robin, petit oiseau bien curieux, nous rendait visite à chaque pause.

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  NZoiseaurobin4

 

La Nouvelle-Zélande compte cinq grandes marches, les Great walks, toutes payantes et tellement fréquentées qu'il faut réserver à l'avance.

En dehors de ces cinq parcours, tout est libre.

Comme il pleut beaucoup, les parcs nationaux comprennent près de 700 refuges (abonnement de 30 euros à l'année), bien utiles pour faire sécher ses affaires et dormir au sec.

 

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On a marché pendant huit jours le long des sentiers de Leslie Karamea et Wangapeka (Nord de l'ile du Sud, dans le parc national Kahurangi).

La forêt du Leslie Karaméa treck est extrêmement dense, une épaisse mousse verte recouvre les arbres, des racines de toutes formes habitent le sol et font du sentier un amas de marches et obstacles glissants et tortueux.


La forêt est sombre, d'autant plus que le ciel est généralement très nuageux, mais lorsque des rayons de soleil parviennent à traverser cette épaisseur, l'ensemble se met en mouvement et prend vie en épousant des formes variées et mystérieuses.


NZLesliekaramea


De tout côté, des ruisseaux et des rivières s'écoulent, il suffit de quelques heures de pluie (il pleut presque tous les jours) pour que les sentiers deviennent des ruisseaux, les ruisseaux des rivières et les rivières des torrents infranchissables.


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Si aucun pont n'a été construit, on peut se retrouver coincer entre deux torrents pendant plusieurs heures ou plusieurs jours selon la durée de la pluie.

 

 

Parfois on s'enfonce dans la boue jusqu'aux genoux.

Alors les moyennes sont faibles, un ou deux kilomètres par heure.

On ne vous cache pas que nous avons eu quelques moments difficiles, pluies torrentielles et rivières qui montent, tente inondée dans 20 centimètres d'eau à quatre heures du matin, treck qui s'allonge et provisions qui manquent...

Mais peu importe le temps, nous avons été enchantés par ces forêts et petit Robin nous a bien tenu compagnie.

Dans la magie de cette forêt, on a même réussi à se persuader que Robin était toujours le même oiseau qui nous suivait pendant ces huit jours de marche et qu'il n'était autre que l'incarnation de l'ornitologue autodidacte Audrey A venu nous soutenir pendant ces moments difficiles.

 

NZoiseaurobin2

 

 

 


 

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Depuis la Nouvelle-Zélande, nous nous sommes envolés mi-janvier pour Bali en Indonésie.

Pour la première fois, la distance géographique entre nous et Strasbourg se réduit, de toute façon, ce n'était pas possible d'aller plus loin.

Devant nous deux routes se dessinent, soit on prend un bateau pour Singapour et on profite de nos billets d'avion offerts par Air France, Singapour-Paris: c'est facile, presque gratuit, rapide mais presque trop brusque, soit on prend un avion pour le Japon puis un bateau pour Vladivostock et on rentre en train et auto-stop jusqu'à la maison: c'est long, un peu coûteux mais plus aventureux.

Des suggestions? des recommandations?

 

Pour finir et vous souhaiter une bonne année 2010, le refrain d'une chanson maori pacifiste liée au mouvement non-violent initié par des Maoris dès 1870 et découverte au Rainbow-Gathering de Nouvelle-Zélande, je n'ai pas trouvé de meilleure traduction:

 

Te aroha
Te whakapono
Te rangimarie
Tätou tätou e

He tängata kë koutou
He tängata kë mätou
Engari i tënei wä
Tätou, tätou e

May aroha (love), faith and peace be amongst us.
You are different people, and so are we; but at this time, let us be as one

Puissent l'amour, la foi et la paix être parmi nous

Vous êtes différents autant que nous le sommes,

mais cette fois, soyions juste un tous ensemble


Bonne année 2010.

Christophe et Estelle.

 

(1) Pour des exemples et plus de détails sur le sujet, "Returning to the teachings, exploring aboriginal justice" par Ruppert Ross.

 

 

NZglacierfranzjoseph

Franz-Joseph glacier, un des plus bas du monde, 250m d`altitude.

Franz-Joseph glacier, altitude of 250m.

 

NZKonstantinjasmine

Konstantin and Jasmin.

 

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Parc national de Whanganui.

 

NZmoules

Les locaux l`appellent la moule cheval, c`est enorme.

The huge "horse-mussel".

 

NZMtcook

Spot du soir pour planter la tente, Mont Cook 3754m.

This is a good spot to pitch the tent, Mont Cook 3754m.

 

Ci-dessous, une série sur les nuages, luminosité extraordinaire, levez les yeux, le spectacle est dans le ciel.

Below, some pictures of clouds, the show is in the sky.

NZnuage11


NZnuage2

 

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Par Tanchovic - Publié dans : NZ
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 07:29
NZnuage6
NZnuage7

NZnuagecharlotte
NZnuage9





Par Tanchovic - Publié dans : NZ
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 07:23
NZnuage10
NZwanakaroad

NZshepperdchurch

NZleverdesoleil
NZrosee

NZsealSiesta.

NZpouceDirection Belfast.


NZresolution
Resolution 2010, j`arrete l`alcool.
2010 resolution, i stop alcohol.

NZportrait






Par Tanchovic - Publié dans : NZ
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 23:20
After 15 months in Australia, we're back on the road.
This sunday 15/11, we are off to Auckland.
For more news, i guess you would have to speak French or wait until my English get good enough to write  an article.

Pictures available at  the bottom of this page.



Ces derniers mois, nous étions redevenus plus ou moins sédentaires (quoique nous changions quand même de logements tous les mois car nous faisons du gardiennage de maisons et d'animaux domestiques).
En plus de ne pas payer de loyer, ça nous permettait de visiter Sydney diffèrement. Nous avons passé un mois dans le quartier asiatiques/grec, un mois dans le quartier gay, un autre dans une zone residentielle au bord de la mer, un mois dans un quartier de la classe moyenne où on voit pas la mer, un dans le quartier lesbien et alternatif.
Pour finir, on était à Fresh water, un très bon spot de surf, on se croirait dans un petit village sur la côte, la plage est superbe, l'eau délicieuse, les vagues abordables pour des débutants surfeurs comme nous.
D'ailleurs on a pas de photos de nous en train de surfer, on ne tient pas assez longtemps debout sur la planche.
On avait donc troqué la tente contre une maison, nos vélos contre des animaux de compagnie, et nos heures de pédalage, contre un boulot salarié.
J'étais chauffeur, cuisinier, homme à tout faire pour une gentille famille, Estelle gardait un joli bébé de six mois.



On aime beaucoup cette ville, les gens sont sympas, décontractés, même les banquiers en costard cravates ont une planche de surf dans les yeux.
Exempte du stress habituel d'une capitale, Sydney est bordée de plages de sable et de magnifiques parcs et ensoleillée 250 jours dans l'année.
Les gens sont biens payés (le salaire moyen d'un ouvrier est de 2050 euros) et les prix sont comparables à chez nous, voire un peu moins cher, la pinte de bière coûte cinq euros, le kilo de carottes est à un euro, le chômage est passé le mois dernier de 6.1 a 5.7, la grippe aviaire est une lointaine rumeur qui n'inonde ni les ondes, ni les cerveaux.
 
En quelques dizaines de kilomètres, on se retrouve dans le bush, c'est à dire en pleine forêt, des oiseaux flamboyants se posent sur nos épaules et sifflent délicatement, possums et kangourous dansent en farandole en chantant des contines de Dysney, la vie est belle et radieuse.
On n'en rajoute presque pas.
Avec le Canada, l'Australie est devenue une des destinations favorites pour l'immigration:
Même les Français s'y mettent: 80000 visas travail-vacances d'un an distribués l'année dernière à nos chers compatriotes (à cela il faut ajouter les visas de résidents permanents, visas étudiants, et visas de travail simple délivrés aux Français).
Mais que fuient tous ces jeunes français?

La population de Sydney est très mixte. Les premiers immigrants étaient Irlandais, Ecossais et Anglais (il y a deux siècles de cela). Puis d'autres vagues ont suivi: grecque et italienne entre autres et aujourd'hui l'immigration est principalement asiatique.
Un tiers des Australiens sont nés dans un pays étranger, un tiers ont un parent né à l'étranger, le tiers restant sont les descendants des prisonniers ou des immigrants de première génération.
Ned Kelly (1854-1880), le plus grand gangster de l'histoire de l'Australie,  Irlandais d'origine, est un héros national.
Son père fut déporté en Tasmanie en 1841 pour avoir volé deux cochons.
A cette époque en Australie, la vie était rude et les injustices commises par les forces de l'ordre alliées aux propriétaires terriens touchaient surtout les populations vivant de fermage. Ned Kelly issu du milieu rural quitta l'école à l'âge de onze ans et devint voleur de chevaux. Il fut condamné à la pendaison en 1880 et sa dernière phrase fut: "c'est la vie".
Les Australiens sont toujours très fiers de leurs passé de "convict" (prisonnier).

Alors que la méfiance des Américains vis à vis des institutions publiques est en grande partie influencée par les idées de la droite libérale, il semble que ce soit plutôt leur passé de prisonniers qui a entretenu chez les Australiens cette vigilance vis-à-vis du pouvoir étatique.
Ce passé explique aussi leur relative décontraction et détachement quand aux protocoles, les gens font moins de manières au quotidien, et expriment beaucoup plus de spontanéité.
Ils se parlent facilement dans la rue sans se connaitre. En descendant du bus ils remercient le chauffeur d'un  "thanks mate" (merci mon gars/pote!), c'est assez rare dans une capitale.

Une autre particularité de l'Australien est le "mateship": "mate" signifie copain, pote, partenaire. "Mateship" est le lien qui existe entre les Australiens, un lien de sympathie, de camaraderie et de soutien.
Sur cette immense terre (14 fois la superficie de la France), encore très sauvage à l'extérieur de ces quelques îlots urbains, les conditions sont souvent rudes: chaleur, sécheresse, ou bien inondations dans les zones tropicales pendant la saison des pluies, attaques des constructions ou des cultures par les termites ou les sauterelles, feux de forêts... les Australiens ont toujours eu besoin de s'entraider et de pouvoir compter les uns sur les autres pour faire face à ces conditions, qui ont déterminé le développement de cette relation de "mateship".

Cette rudesse du milieu environnant pourrait expliquer aussi le caractère pacifiste des cultures aborigènesd'Australie. La nourriture étant rare et les conditions de vie difficiles, l'homme doit concentrer ses efforts pour survivre et se reposer sur l'entraide et la solidarité, il n'a pas le  temps d'aller provoquer son voisin.
A l'inverse, en Nouvelle-Zélande où la terre et riche et la nourriture abondante, la guerre a une place importante dans la culture des Maoris.

Pour finir sur les Australiens, certains leur reprochent leur superficialite, leur côté grand enfant ou leur violences sous alcool dans les pubs...comme vous le savez nous ne sortons jamais dans les pubs, et nous ne rencontrons personne à l'extérieur de notre travail, nous ne pouvons donc pas vous confirmer si ces remarques sont fondées.

Après quinze mois en Australie, nous reprenons la route.
Dimanche, nous serons à  Auckland campés sur nos vélos.
L'aventure est au bout du guidon.

A bientôt
Christophe et Estelle



Un agamidé (agamidae), de la famille des reptiles.

Manifestation Avaaz pour la protection de l'environnement en préparation du sommet de Copenhague 2009
La plage de Freshwater.

Harbour bridge

Ferry de manly au centre ville, de droite à gauche, Harbour Bridge, l'Opéra (en tout petit) et les tours du centre.


Tempête de sable sur Sydney, tout est recouvert d'une fine couche de sable rouge.

Cameron en action.


Pas assez de vagues pour surfer, on va faire un tour en carveboard, les courbes s'enchaînent comme en snowboard.
Le week-end, toutes voiles dehors, on sort le yot.

Je vous assure qu'on nous a forcés à prendre cette photo, ici à l'avant du bateau.

True blood et un ange de la rue.
"Garder les murs gris et l'esprit suivra".



Lever de soleil sur Fresh Water.





Par Tanchovic - Publié dans : Australie
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 00:00
Quelques peintures du musée d'art moderne de Sydney.





A moins qu'Audrey ne se souvienne du nom des artistes, les peintures resteront anonymes, désolé pour les auteurs.
Mais vous pouvez découvrir Judy Watson et Blood Language, art aborigène sur l'histoire de l'Australie,  "histoire qui repose sur le sang et la poussière".



Ci dessous, à 150km au Nord de Sydney, se trouvent les magnifiques Nelson bay et Ana Bay, réserve naturelle de dunes, plus couramment appelée Little Sahara.
Quelques habitants vivent au milieu de ce mini désert, dans des maisons de tôles.
Le week end, ils ouvrent le pub qui a servi au tournage du film Mad max.





Pour justifier la possession d'un gros 4x4 inutile en ville, on peut venir s'amuser ici.
Les premiers kilomètres de la réserve sont libre d'accès aux véhicules tout terrains et on peut tranquillement cramer du pétrole sur la plage avant de sortir le barbecue et les bières du frigidaire portatif.
Une aventure en pleine nature pour de bons moments en famille.






Certainement, la pointe de Watson Bay, Sydney.







Enfin, nous remercions Audrey d'être venue nous voir si loin, on sait que le financement du voyage n'a pas été facile surtout avec un Youkoulélé désaccordé, ne t'en fais pas Audrey, tes performances de rues seront beaucoup plus rentables avec ton didjeridoo...

Vive Audrey

Biz à tous
Christophe  et Estelle




Par Tanchovic - Publié dans : Australie
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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 00:00
Les photos suivantes sont toutes de Audrey qui était là pendant le mois d aout.
La fameuse série sur les oiseaux, par notre amie ornithologue amateur, toujours surprenant de l entendre hurler (Audrey) dès qu un oiseau traverse son champs visuel.
Un Cockatoo

Tête et ventre rouge, longue queue noire avec reflets verts, je diais un King Parrot.




Kookabura.

Rainbow lorikeet.

De la famille des Honeyeater,,,


Une araignée au nom inconnu...

Echidna qui se roule en boule pour se défendre de toute attaque, il plante ses piques dans le sol pour éviter de se faire retourner et d'offrir son ventre lisse à des prédateurs.


Tigre de Tasmanie(disparu), à ne pas confondre avec le diable de Tasmanie.
Pour plus de photos sur la faune et la flore australienne.

Audrey et Estelle, session surf et boogie board à Manly beach.



Christophe (dans quelques années d'apprentissage et de litres d'eau de mer avalés).

Soleil et ciel bleu toute l'année, de superbes plages à dix minutes en métro du centre ville, des gens relaxes et  "easy going", intense vie culturelle... font de Sydney une ville très agrèable à vivre, ambiance mélangée de capitale et de station balnéaire, on adore.
Ici, Manly beach, une série télé lui est consacrée ou de superbes safeguard sauvent des enfants perdus et des surfeurs comme Christophe (es vagues peuvent atteindre un bon trois mètres).
Le week end, Les Sydneysiders s'y baladent en famille, si on a pas sa planche, on peut se remplir de fish chips, de soda et de glaces, en regardant les surfeurs, c'est super.


La semaine prochaine, ce sera la série peintures et Little Sahara par Audrey.

Biz à tous et bonne rentrée.
Christophe et Estelle et Audrey.












Par Tanchovic - Publié dans : Australie
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 05:52
Let's open our eyes and watch a piece of truth,
Earthlings is a great movie who showed us how ignorant  we are and sometimes want to stay.
We are all earthlings, lets face it.
Full video of  95mn
http://www.earthlings.com/earthlings/video-full.php

J'ai regardé cette vidéo hier soir, Earthlings (Terriens en anglais), j'en reste encore tout secoué, plein d'informations dont on a entendu parlé sans jamais vraiment prendre le temps d'y penser
Nous sommes tous des terriens, je vous invite à regarder ce film jusqu'à la fin (95mn).
La version intégrale en anglais depuis le site officiel:
http://www.earthlings.com/earthlings/video-full.php
Avec sous titres en français, depuis You tube, ci dessous partie 1.
http://www.youtube.com/watch?v=ZPzf0saX8UQ&feature=related

Plus ci dessous, un message d'Avaaz concernant l'action Alarme climatique Tcktcktck, lundi 21 septembre.

Here is a message from Avaaz.
Join the September 21 Global Climate Wake-Up Call!
There are many types of events: phone-call flash-mobs, The Age of Stupid film premiere screenings, mass rallies -- all organized by Avaaz and our partners in the TckTckTck campaign. Click on your country below to find events in your city or town. Sign up, and invite friends!
http://www.avaaz.org/en/tcktcktck_map/


Lundi, 11 événements à Sydney, vous trouverez forcèment une action Tcktcktck prés de chez vous.
Ci dessous, le message d'Avaaz.

Chers amis,

Ce lundi, participez à la grande alarme climatique mondiale avec plus de 1000 événements organisés dans 88 pays; rassemblons-nous pendant quelques minutes dans des lieux publics, partout dans le monde, afin d’exhorter les dirigeants à remettre les négociations climatiques sur la bonne voie ! Consultez dès maintenant notre carte du monde et nos listes de pays pour trouver un événement qui se déroule près de chez vous, puis inscrivez-vous pour participer à cette journée d’action extraordinaire:

Les membres d’Avaaz ont enregistré pas moins de 1000 événements dans 88 pays pour la grande Alarme climatique mondiale de lundi prochain.

Un millier d’événements, c’est impressionnant, mais si des centaines de milliers d’entre nous se rassemblent le 21 septembre, nous enverrons un raz-de-marée sans précédent de messages citoyens aux dirigeants du monde qui doivent se réunir le lendemain à New York, juste à temps pour relancer les négociations climatiques aujourd'hui au point mort. Cliquez ci-dessous pour vous inscrire.

La plupart des événements sont des “ flashmobs” très courtes – elles ne prendront que 5 minutes de votre heure de déjeuner ou à votre sortie du travail. Elles sont amusantes , elles envoient un message politique très fort, et elles nous permettront de faire la connaissance d’autres membres d’Avaaz de tous âges et de tous horizons. Aucune préparation n’est nécessaire -- venez tout simplement et invitez des amis ! La planète a besoin de nous, rassemblons-nous pour la sauver -- cliquez ci-dessous pour trouver un événement à proximité de chez vous:

http://www.avaaz.org/fr/tcktcktck_map

Les dirigeants et les médias font déjà attention à ce que nous ferons le 21 septembre. Et la presse rapporte que les négociations cruciales pour obtenir un traité mondial qui préviendrait la catastrophe climatique sont dans un état de désordre total -- nos dirigeants ne font tout simplement pas les choix difficiles qu’ils doivent faire -- ils répondent davantage aux pressions des lobbys industriels et pétroliers qu’à celles des populations se sentant concernées et souhaitant éviter la crise climatique et lancer une nouvelle économie verte. Le 21 septembre sera l'occasion de changer tout cela.

Les événements seront faciles à organiser et amusants. Vous n’aurez qu’à chercher d’autres personnes brandissant leurs téléphones portables dont l’alarme sonnera au moment voulu , à vous rassembler, à prendre une photo et à appeler vos dirigeants pour les alerter. Les photos seront compilées et diffusées à la télévision et transmises aux dirigeants du monde pour montrer la force de ce que nous exigeons, et les appels téléphoniques afflueront directement dans les bureaux des dirigeants.

Les événements ne sont pas tous les mêmes – nombre de ces alarmes climatiques sont étonnantes de diversité --des moines psalmodieront des prières, des carillons retentiront dans les églises, certains diffuseront le tout nouveau film sur le climat « Age of Stupid ». Cliquez ci-dessous pour trouver un événement à proximité de chez vous, inscrivez-vous et parlez-en à vos amis:

http://www.avaaz.org/fr/tcktcktck_map

Nous demandons aux dirigeants de signer un traité mondial ambitieux, juste et contraignant qui préviendra une catastrophe climatique. La semaine prochaine, nos dirigeants tiendront la dernière réunion sur le climat prévue cette année ! Les négociations étant mal parties, leur issue dépend vraiment de notre action. Etonnons-les.

Rendez-vous le 21,

Paul, Iain, Graziela, Ricken, Alice J, Ben, Milena, Brett, Taren, Pascal, Paula, Benji, Alice W, Luis, Raluca, Milena, Veronique, Chris, Margaret, Julius, et le reste de l’équipe d’ Avaaz

PS: l’Alarme climatique mondiale est une journée d’action ouverte et créative qui dépendra du niveau d’énergie et d’ingéniosité de nous tous -- il incombe donc à chacun d’entre nous de se l’approprier et d’en faire le maximum. Si vous pensez pouvoir y faire participer un dirigeant, une personnalité bien connue du public ou une organisation; si vous avez une troupe de théâtre, de danse ou des artistes qui pourraient mettre en scène leurs propres événements sur un lieu public pour attirer l’attention; si vous pouvez demander à votre église ou à une autre institution de faire sonner ses cloches ou si vous voulez inviter des collègues à se joindre à vous pour tenir une « flashmob » à l’intérieur ou à l’extérieur de votre lieu de travail, ou si vous voulez apporter votre propre contribution particulière à cette alarme de quelque autre manière que ce soit et à laquelle nous n’avons pas pensé – allez-y ! N’attendez pas notre accord – inscrivez simplement votre idée et envoyez un email à open21@avaaz.org.
Par Tanchovic - Publié dans : Australie
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 00:00
Here are some pictures around Sydney, just two hours of driving.

Quelques photos des alentours de Sydney.

Ana bay ou litlle Sahara.



Blue Mountains.
Rainbow in a gorges of  Blue Mountains
Arc en ciel au fond d'une gorge du parc Blue Mountains
Australian bush
Le bush australien
Some birds, that you can even see in the city, by Audrey.
Photos d'oiseaux que l'on peut apercevoir même en ville, par Audrey.

Blue head loriquet
Loriquet à tête bleue
Ibis
Kukaburra


A bientôt
Christophe et Estelle.







Par Tanchovic - Publié dans : Australie
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