Hymne à la lenteur – écrit à Cres (Croatie), le 26 juillet 2007.
Il faut qu'on s'y fasse, les routes ne sont plates qu'en voiture. Ce sera toujours vallonné ou montagneux. Il faut se faire à la lenteur. Au moins, à 1,5 km/h (noter record), on peut admirer le paysage, ça c'est certain. On peut même ramasser des cailloux, cueillir des fleurs, jouer à “poule ou coq”. Est-ce qu'on ira plus vite lorsque nos cuisses auront durçi? Pas sûr parce qu'alors on sera épuisés. Difficile au début d'accepter notre rythme, mais au fur et à mesure, notre état d'esprit évolue : Notre tandem n'est plus seulement un moyen de nous déplacer. On fait le maximum pour avancer mais on passe quand même toute la journée dessus, on voyage et on vit sur le vélo. Alors quand on peut, que ça n'est pas trop valloné, on emprunte les petites routes, quitte à ce que ça fasse un petit détour mais au moins on est tranquille et on voit du pays. On traverse des paysages magnifiques, des petits vilages planqués au milieu de nulle part. Depuis deux jours, nous avons trouvé la mer: on en rêvait tellement lorsqu'on vous a quitté et qu'il s'est mis à pleuvoir après Kehl.
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