Un parfum de paki
Probleme de police, donc pas d accent dans le texte suivant.
Concernant les differentes commandes de produits locaux dans vos commentaires, vous pouvez continuer a passer par le blog.
Pour le tapis commande par JP, on a choisi un 6X4m, avec des couleurs locales: un vert militaire accompagne de fleurs roses fushia, c est ce qui se fait de plus moderne actuellement et en plus ils nous offert de le parfumer au jasmin.
Pour Carine, on transporte une balancoire en kit mais constituee uniquement de pierres de Persepolis. Pour la commande du cyclone, on a pas trouve Gouba, meme les celebres contrebandiers du Balouchistan ne l avaient pas en stock mais ils nous ont degotter une autre variete de cyclone, denomme Hop Hium, on a pas tres bien compris et c etait trop cher de toute facon.
Sinon il reste de la place dans les sacoches.
Bon, le Pakistan en une semaine de bus, c est un peu comme decouvrir la cuisine francaise en allant Fluncher, disons que 7 jours c est un peu bref mais ca nous a donne tres envie d y retourner.
En attendant, on a pris un bus de la frontiere vers Quetta, 850 km, 15h de bus sur des routes aussi defoncees que le chauffeur de taxi Afghans qui nous accueille tout sourire à la gare de bus de Quetta: "how are you my friend?", "tres bien, mmm ca sent bon le blackpaki dans ton tube a
A gauche l`Iran, a droite le Pakistan
cigarette, et vu ce qu il en tombe, i doit pas y avoir beaucoup de tabac la dedans…”.
Il est 6h du matin, le jour se leve, la gare se reveille.
On achete les tickets de bus pour Bahawalpur, d ou l on voudrait rejoinder Lahore en velo a 400km.
Le depart est prevu pour 16h, ce qui nous laisse le temps de se balader en ville et de sympatiser avec les locaux tous tres curieux de nos velos. Gulavsha, le chauffeur de taxi Afghan et Rihmatullah, le chef de gare nous accompagneront jusque dans le bus du depart, choisissant nos places juste derriere le chauffeur, « the best here », et nous recommandant a l equipe du bus.
A ma gauche, Rihmatullah, a ma droite Gulavsha
Encore un trajet de fou.
Bien installes dans nos fauteuils, les yeux rives sur le pare brise/ecran plasma, nous repartons pour 800km et 15h de trajet. Deux chauffeurs se relayent a ce jeu de Playstation "un bus à fond dans la montagne qui double tout le monde en klaxonnant", chacun jouant tour a tour le co pilote et hurlant des indications a l autre "ok prochain virage" et le mec double dans le virage "ok entre camions et voitures" et il passe a fond entre les deux, tout ça pendant que le troisieme compere intendant au massage frictionne energiquement la tete, les pieds, les mains des deux chauffeurs sans arreter de parler tres tres vite et demontrant une incroyable souplesse et agilite a se mouvoir dans cette dameuse de chantier qui sert de bus.
Pendant ce temps, les voyageurs regardent un film pakistanais dans un epais nuage de tabac et de bon black paki, pas du tout impressionnes par cette scene du quotidien.
Un vendeur d`alteres
On arrive alors a Bahawalpur, un jour de repos puis finalement a nouveau, bus pour Lahore, encore 400km et 8h de saute mouton pour arriver a 30km de la deuxieme plus grande ville du pays, distance que l on termine en velo de nuit dans un epais brouillard de pots d echappement sur une 2X4 voies blindees de bus, de rickshaws, de chariots tires par des anes pour atteindre le centre ville et un hotel.
Ouf.
Le lendemain, on visite la vieille ville, les temples et mosquees.
C est beau, c est grand et la vie bouillonne partout.
Dans la rue principale, camions, bus, rickshaws, voitures, chariots tires par un ane, ou un cheval ou un dromadaire se croisent, velos, motards, pietons, mendiants estropies ou non, troupeaux de chevres, enfants se faufilent dans cette circulation demente dans un concert de klaxons, de grincements, de poussiere et de pollution. Les trottoirs debordent aussi d’animation, les vendeurs de tout se juxtaposent, vendeurs de poivres verts, de briques, de billets de bus, reparateurs de velos, de camions, de dents, epiceries…une chaise sur le trottoir, un miroir sur le mur et le barbier est ouvert.
Des casseroles sur un rechaud a gaz, une table et les restaurants s alignent a perte de vue. Malgre la pollution et la poussiere qui grattent la gorge, donnent des maux de tete, et enduisent les mouchoirs d’un melange de morve-suie, des odeurs de coriandre, d’oignons, de canelle, de cardamone, de piments et de legumes se diffusent.
Tous ces epices se melangent avec des proportions differentes en fonction du couvercle que l on souleve, riz, poulets, légumes, lentilles... entre ces cuisines a ciel ouvert, les vendeurs de fruits proposent leurs produits : Coconut predecoupees, bananes, grenades, pommes, raisins, jus de cannes a sucre, cacahuetes grillees, graines et pois de toutes sortes…et chacun debite un discours specifique generant une gigantesque cacaphonie dans le brouhaha de la rue .
Les Pakistanais portent tous le Kamiz sorte de pantalon tres large au dessus duquel on porte une chemise tres large qui depasse, de couleur unie, blanc, bleu, gris, ce costume est accompagne d une couverture dans laquelle ils s emmitouflent en fonction du froid . Rajoutons un turban de couleur sur la tete, une moustache et/ou une barbe (souvent coloree au henne de rouge et d orange), des yeux noirs ou bleus mais maquilles de noirs un grand sourire et on a un pakistanais tout chaud, les femmes plus rares dans la rue, portent la burqua ou des sari ceintres.
Derriere l`Inde, devant nous le Pakistan.
Hier, 27/11/07, nous sommes retournes sur nos velos pour rejoindre la frontiere indienne, et trente kilometres plus loin la ville d Amritsar, capitale des Sikhs et du Golden temple ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Sikhisme).
Apres le Zoroastrisme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Zoroastrisme#Les_principes , lisez en particulier le paragraphe sur le "Zoroastrisme et la societe", qui expliquent pourquoi Cyrhus n a pas utilise d esclaves pour construire Persepolis, bien au contraire, les ouvriers beneficiaient meme d une sorte d assurance), voila une autre religion et des gens a decouvrir.
Le site Sikh est magnifique, c est un gigantesque palais a ciel ouvert, a l interieur un bassin rempli d eau sacree abrite le temple d Or, tout est tres propre, beau et emprunt d une profonde ferveur religieuse, les gens marchent pieds nus, la tete couverte (obligatoire) en lisant des prieres, assis au bord du bassin, ils boivent une gorgee d’eau sacree, une musique calme et envoutante est jouee par des musiciens.
Nous dormons dans le Ashram ou ont ete abrites les refugies arrivant du Pakistan apres la separation avec l’Inde en 1947.
Une chambre nous a ete attribuee, les repas sont servis dans une immense salle de plusieurs centaines de personnes ou l on rentre tous ensemble, on s assoit sur le sol les uns a cote des autres formant de grandes lignes, puis les volontaires passent, distribuent cuilleres, assiettes, lentilles, riz, chapatti, ensuite d autres volontaires lavent les couverts.
Tout est gratuit, les donations sont largement recommandees et des boites sont disposees un peu partout sur le site.
Matin dans la laverie/salle de bain de l`ashram
Nous travaillons actuellement a notre itineraire en Inde, le nord vers Dharamsala, le sud vers le Rajhastan?
Aucune idee a l heure actuelle, peut etre le grand Maya eclairera notre lanterne cette nuit...
A bientot.
Christophe